De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
«L'import-export de médicaments, c'est fini», a affirmé, hier, le ministre de la Santé et de la réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès, à Constantine où il est venu visiter une polyclinique et un centre de recherche en biotechnologie à la nouvelle ville Ali Mendjeli. La réaction du ministre intervient à la suite des pénuries récurrentes de médicaments qui sont minimisées par les assurances pour le moins étonnantes de la tutelle. M. Ould Abbes a clairement signifié, pour la énième fois, la volonté de l'Etat de remettre sur rail le secteur trop miné par les intrus de la profession. Ainsi, laissera-t-il entendre en filigrane que celui qui ne produira pas devra se retirer systématiquement de la sphère du médicament. Sur le même registre, le responsable revient sur la sempiternelle problématique de la distribution. «On a libéré tous les programmes d'importation à temps. J'ai reçu une nouvelle association des répartiteurs. Ceux qui ont été agrées depuis prés de 6 ans s'élèvent à 660 dont 280 seulement actifs sur le terrain. Ce qui m'oblige à annuler les agréments des distributeurs non potentiels [']. La distribution des médicaments est un métier. Elle nécessite des structures adéquates qui doivent répondre à des cahiers des charges. J'ai hérité de ce fardeau que je suis entrain de régler», affirme le ministre.Questionné sur le lobby qui malmène le secteur du médicament et surtout la santé du citoyen, M. Ould Abbes dira qu'il ne peut pas donner de noms. Mais il certifiera qu'il mettra un terme à cette situation. «Je garantis une couverture de 70% par la production nationale. C'est un engagement», affirme-t-il. Quant aux agréments déjà attribués aux importateurs, «ils les ont je ne peux pas les leur enlever'», dira-t-il. C'est dire le travail qui reste à faire pour assainir le secteur. «On ne dévoile pas sa stratégie pour ne pas brouiller les résultats», argue le ministre de la Santé.A propos de la grève cyclique prévue dimanche prochain à laquelle ont fait appel les syndicats des professeurs et docents en sciences médicales et le syndicat des maîtres-assistants en sciences médicales, le ministre rétorquera : «Je dois discuter avec eux concernant les examens dont je ne suis pas responsable. C'est un problème qu'il faudra régler avec M. Haraoubia.» Sans donner suite aux revendications des deux syndicats, à savoir les conditions de travail, notamment le problème des pénuries cycliques de médicaments et consommables qui handicapent le fonctionnement des différents services de santé. Outre des préoccupations socioprofessionnelles mentionnées dans la plate forme des revendications, dont le régime indemnitaire. M. Ould Abbes s'est confiné dans l'application du statut particulier du personnel de la santé qui a permis au corps médical de recouvrer des rappels et des augmentations de salaires. Ainsi, menacera-t-il : «Je ne reconnaîtrai aucune grève dés lors que les salaires ''de la dignité'' bénéficient aux médecins.» Mais les deux syndicats soutiennent que «ce long processus a été interrompu unilatéralement d'où ce recours au débrayage et au boycott de tous les examens (surveillance et correction) de graduation et de post-graduation à dater du 06 octobre prochain».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com