Les greffes d'organes demeurent fortement pénalisées par des lenteurs administratives et par des blocages en tous genres.
Comme il fallait s'y attendre, Djamel Ould Abbes, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, a fait salle comble, hier, à l'auditorium de la faculté de médecine de Constantine où les directeurs de la santé et de la population (DSP) et autres cadres du secteur, relevant de l'Est et du Sud-Est du pays, se sont donné rendez-vous pour prendre bonne note du dispositif de couverture sanitaire mis en 'uvre par les pouvoirs publics en prévision des élections législatives du 10 mai prochain. Une échéance électorale qui mobilisera, selon le premier responsable du secteur de la santé, une bonne partie du personnel médical et paramédical, en sus de 66 000 policiers affectés à l'encadrement sécuritaire. Après avoir livré son message quand aux directives phares de ce dispositif, notamment la nécessité de faire preuve d'une vigilance à toute épreuve s'agissant des mesures sanitaires à prendre en amont et en aval de ce dispositif, Djamel Ould Abbes se prêtera, bon gré mal gré, à une cascade de questions sortant du cadre préparatif des élections.
En ligne de mire, le problème récurrent des greffes et des transplantations d'organes, un dossier ultra sensible fortement pénalisé, dira un professeur en médecine interne, par des lenteurs administratives et, disons le franchement, par des blocages en tous genres. Loin de se dérober, le ministre reconnaît les faits avant de s'engager à prendre une série de mesures visant à sortir ce dossier de l'enlisement et de l'oubli. Il fera au passage un clin d il à la wilaya de Constantine en promettant de la désigner comme pôle à privilégier en matière de greffe et de transplantation d'organes. C'était l'occasion également pour lui de livrer quelques chiffres qui révèlent à eux seuls l'ampleur du problème.
Ainsi, 15 000 personnes seraient en attente d'une greffe rénale en Algérie, alors que des milliers seraient en attente d'une greffe de cornée. Il faut savoir, à titre indicatif, qu'une cornée importée coûte à l'Etat 20 000 dollars. Tant que persisteront les tabous et autres idées reçues, dira un intervenant, les malades en attente d'une greffe de cornée n'auront «que leurs yeux pour pleurer». Djamel Ould Abbes sera également interpellé sur la pénurie de réactifs, une carence qui frappe de plein fouet les établissements publics de santé. «Une commission interministérielle planche sérieusement sur ce dossier et je reste optimiste quand son règlement rapide», dira-t-il. Par ailleurs le représentant du gouvernement a annoncé que son secteur a bénéficié, pour le compte de l'année 2012, d'un budget de 459 milliards de dinars.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Boussaid
Source : www.elwatan.com