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DISPARITION DE L'ARTISTE MOHAMMED-SALAH GHEMIRED



DISPARITION DE L'ARTISTE MOHAMMED-SALAH GHEMIRED
Dimanche noir pour les artistes de Constantine. Ils étaient tristes hier en s'en allant enterrer l'un des leurs. Encore un. Mohamed-Salah Ghemired s'en est allé sur la pointe des pieds après un combat long et inégal contre une maladie pernicieuse.Il avait consacré sa vie à la peinture et il était doué, lui qui pouvait choisir un autre chemin d'autant qu'il était outillé pour le faire. Il était détaché comme un philosophe, le regard toujours plongé dans l'éther. Sa vie fut simple, mais pas son ?uvre. L'abstraction qu'il a choisie pour s'exprimer démontre toute la complexité qui habite l'artiste.En 35 ans de carrière, Ghemired a produit une ?uvre féconde qu'il laisse à la postérité quand celle-ci aura les yeux pour voir. Quand il a commencé à exposer, le pays venait de plonger dans la spirale nihiliste et destructrice de la violence islamiste. Mais comme beaucoup, il a choisi de défendre la conviction et l'espace artistique en contribuant à maintenir ouverte la galerie Issiakhem. De ce dernier d'ailleurs, Ghemired s'est beaucoup inspiré d'ailleurs, faisant preuve d'une maitrise rare dans le traitement des couleurs et le maniement du pinceau.Bien que classé dans le courant abstrait, son ?uvre demeure cependant difficile à caser compte tenu des influences culturelles diverses qui se superposent sur les toiles. Ammar Allalouche, artiste plasticien et ami du défunt en parle : «La peinture de Salah est une union de la matière et de l'espace- l'union des formes réelles et de formes imaginaires.L'influence de la nature même de la matière employée, la peinture est de plus conçue comme une « écriture » dans l'espace, où les formes pleines sont remplacées par des axes de mouvements d'où l'effet produit de dynamisme et de tension. Des rapports des formes entre elles dans l'espace, est aussi rapport des formes avec l'espace.Dans l'approche artistique de la peinture de Salah dont l'avenir se présente sous les meilleurs auspices où le passé se futurisera et le futur devient antérieur.La vision utopique s'efface au profit d'un discours de plus en plus proche de la création.»De ses tableaux transpirent sincérité et don de soi en tout cas. «Il était d'une grande valeur intellectuelle en plus de ses qualités humaines : modestie et intégrité», affirme Karim Dellouche, affligé par la disparition du collègue et du voisin. Hier, une foule impressionnante avait accompagné l'artiste à sa dernière demeure au cimetière de Zouaghi. Sans surprise, aucune personnalité officielle n'était présente, pas même le directeur de la culture Djamel-Eddine Foughali. Il est vrai que Ghemired n'était pas un artiste de la cour, et ne faisait pas partie du monde du spectacle, ni de celui du football. De là où il se trouve à présent, il doit certainement en rire.C'est lui d'ailleurs qui a écrit: «L'espace physique est parfois occupé, aliéné?mais celui du mental demeure et restera cet élément infini que nous ne pourrons jamais corrompre ou occuper que par une force créatrice que retiendra l'histoire de l'humain ? et de l'homme.»


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