Le temps des barbouzes
Le Cnapest a appelé, en effet, la direction de l?éducation à « prendre en charge le dossier des enseignants suppléants et ?uvrer à leur trouver des solutions qui garantissent leur droit à l?emploi », lit-on dans un communiqué daté du 6 septembre. Le bureau du Cnapest à Constantine n?a pu, hélas, rencontrer les responsables de la DE pour exposer, entre autres, ce problème ; le mépris étant une pratique désormais systématique dans le bâtiment de Coudiat. Avec ce même mépris, l?on traite une trentaine d?enseignants suppléants qui contestent depuis deux mois les résultats du concours de recrutement organisé en juillet. Face aux contestataires qui remettaient en question la transparence du concours et exigeaient une commission d?enquête, la direction a répondu d?abord par le silence avant de changer de méthode en instrumentalisant des organisations de masse (dont l?UGTA) qui, face à la médiatisation de l?affaire, étaient accourues pour apporter leur soutien au directeur Ahmed Guellil et vanter ses mérites contre des enseignants diabolisés et accusés d?agir au service d?« intérêts occultes », tel qu?il a été rapporté dans les nombreux communiqués parvenus à notre rédaction. L?UGTA qui défend le patron contre le travailleur ! On aura tout vu. Mais la logique de l?absurde ne s?arrête pas là pour la DE qui va passer à l?intimidation et la menace. Depuis deux semaines, les protestataires sont empêchés, en effet, par la force publique, de se rassembler devant le siège, grâce à des agents en tenue de combat qui « sécurisent » le lieu pendant toute la journée. Mieux, les plus activistes parmi ces enseignants subissent des filatures de la part d?agents en tenue civile et d?autres sont carrément menacés. L?un d?eux a même été approché par un directeur d?établissement de Hamma Bouziane qui voulait jouer aux intermédiaires avant de se voir menacé de mort. « Ils paieront 5000 DA un jeune qui viendra t?assassiner froidement et tu auras tout perdu », raconte Adel en reprenant les paroles de l?émissaire. A aucun moment, les responsables de la DE n?ont tenté de trouver de solution au problème des suppléants. En revanche, tout a été fait pour étouffer l?affaire sous le regard indifférent, voire complaisant des responsables de la wilaya et des élus qui se sont détournés et ont abandonné de pauvres enseignants, en majorité des femmes, qui ne savent plus à quel saint se vouer. Ce qui est arrivé est très grave, car l?institution qu?on accuse n?est pas n?importe laquelle, mais bel et bien une direction de l?éducation censée être au-dessus de tout soupçon. Hélas, il est de notoriété publique maintenant que l?établissement est sous l?emprise d?un clan qui agit en toute impunité au profit d?intérêts très étroits.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : N. Nesrouche
Source : www.elwatan.com