
A. LemiliIl y a déjà près d'un mois, le directeur de la Cinémathèque algérienne, Lyes Semiane, s'épanchait sur les ondes de la Chaîne1 de la Radio nationale sur laréouverture très imminente de la salle de répertoire relevant administrativement et hiérarchiquement de la tutelle de l'établissement public qu'il dirige. Ildéclarait alors à l'animateur maison spécialisé dans le cinéma que «...la salle An-nasr était intégralement prête...son ouverture n'est que l'affaire de quelques jours seulement». Au lendemain de ces déclarations nous nous sommes rendus sur les lieux pour constater, et surtout déduire, que quel que serait le miracle qui pourrait se produire il relevait alors de la gageure que ladite salle soit rouverte dans les quelques jours qui suivraient.Connaissant la volonté entrepreneuriale des dirigeants de sociétés de travaux et d'aménagement algériens, la «célérité» proverbiale de l'administration algérienne quant au traitement des affaires courantes, mais également à celles qui traîneraient un contentieux, il nous était très facile de déduire que la réouverture se ferait incontestablement aux...calendes grecques. Nous nous confortions alors et surtout déjà des engagements pris par le directeur de wilaya de la culture qui en annonçait, jusqu'à la banaliser et même la dissoudre dans la plus parfaite des langues de bois, la réouverture notamment lorsque des dates commémorant un évènement national se présentait (1er novembre, 5 juillet, 16 avril) et même religieux (Ramadhan, Aïd).Lors de notre déplacement, la salle était dans le même état que nous l'avions vu la dernière fois, autrement dit durant la période estivale et notre conviction était qu'elle ne rouvrirait pas avant 2014 et aujourd'hui pas avant un trimestre même si toutes les surprises sont possibles, notamment celle qui consisterait pour nous à prendre une vessie pour une lanterne. Auquel cas, la salle ne rouvrirait pas avant l'été d'autant plus que nous avons appris qu'un gros différend opposait l'administration de la Cinémathèque algérienne à l'un des entrepreneurs. Un contretemps qui avait conduit Lyes Semiane à se déplacer à Constantine, à rencontrer toutes les parties concernées et consigner les décisions prises lors de cette réunion dans un PV devant lequel chacune des parties en question était comptable. «Il a été convenu et c'est parce que c'est l'entrepreneur lui-même qui en avait pris l'engagement de livrer la salle le 1er novembre, voire le 20 octobre 2013. Ça n'a malheureusement pas été le cas», nous dira dans la matinée de jeudi passé, le premier responsable de la cinémathèque au téléphone pour ensuite ajouter «...nous sommes tombés sur un véritable ?'escroc'' auquel d'ailleurs nous allons retirer le marché tout en luiappliquant les pénalités administratives réglementaires. Ce qui restera à réaliser sera confié à un petit artisan sachant que le travail est presque terminé».Comble de l'ironie au moment où nous nous entretenions avec Lyes Semiane, les agents de la SDE (ex-Sonelgaz) se présentaient à hauteur de la salle poursuspendre la fourniture d'énergie électrique. Autrement dit pour couper le courant faute de payement. C'est ce que nous apprendrons de l'un des agents qui, affolé, téléphonait au responsable local de la salle. Ce qui est pour le moins paradoxal pour une aussi importante institution que la Cinémathèque algérienne qui n'honore pas dans les temps ses redevances même si nous avons appris sur place «...qu'en raison d'un usage effréné de l'énergie électrique, c'est aux deux entreprises sur place qu'échoit la prise en charge des consommations eu égard aux équipements lourds qu'ils utilisent pour leur activité. C'est donc à eux seuls que pourrait être endossée cette défaillance».Tous ces avatars en disent long de la gestion de la réhabilitation d'une salle entamée depuis presque trois ans et dont, en théorie, la durée ne devait pas dépasser l'année, mais qui s'inquièterait d'un tel retard sachant que la salle est fermée depuis le début de l'année 2000 pour une question de...réhabilitation. Une réhabilitation d'ailleurs exécutée, mais mal exécutée avec à la clef une dépense de plus de deux milliards dont aura profité l'entrepreneur qui avait la charge de ladite réhabilitation, laquelle est-il important de le souligner n'a pas été validée par les services de la Protection civile en ce qu'elle présente comme risques potentiels de dangers pour le public en cas d'incendie.Encore une fois qui s'en souciera, certainement pas le ministère de tutelle dont la chef de cabinet nous avait déclaré il y a quatre ou cinq années déjà que «...la salle figurait dans les projets de réhabilitations des salles de cinéma», alors que celle d'An-nasr l'était déjà (réhabilitée), mais manquait de l'appareillage idoine pour faire fonctionner la cabine de projection. Les équipements habituels ayant été «ponctionnés» par la Cinémathèque algérienne pour être affectés ailleurs. Il est vrai toutefois que l'administration a fait procéder au remplacement de l'équipement prélevé sauf que celui nouvellement installé ne correspondait pas aux espaces sur place dans la mesure où l'appareil a été lui-même ponctionné sur un ancien véhicule ciné-mobile du temps des trois révolutions chères à feu Boumediène dans le cadre notamment des campagnes de celle (révolution) agraire.L'histoire de la salle An-nasr est elle-même typique d'un scénario de film au même titre d'ailleurs que la deuxième salle en l'occurrence Cirta dont rares sont ceux qui en parlent et que tout confine à l'oubli. Celle-ci aurait d'ailleurs été cédée au ministère du Tourisme compte tenu de sa concomitance avec l'hôtel du même nom et qui se trouverait à son tour en phase de réhabilitation à la veille de «Constantine, capitale de la culture arabe 2015». A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com