
Difficile de trouver les mots pour décrire la misère dans laquelle continuent de vivre deux familles que nous avons visitées, hier, dans le quartier d'El Manchar, situé à quelques encablures de la rue Kaddour Boumeddous et des bâtiments de la cité du 17 Octobre 1961 (ex-Ciloc).C'est Laânes Djemaâ, appelée Khalti Houria, qui nous a reçus avec grande amabilité, malgré les dures conditions dans lesquelles elle souffre avec ses enfants depuis de longues années, dans un gourbi coincé au milieu de constructions anarchiques à un et même à deux étages. A peine avoir fait quelques pas dans les lieux, c'est le choc. Au n°30 du quartier d'El Manchar, sous un talus, Khalti Houria et ses deux garçons mariés, leurs épouses et leurs enfants, soit une famille de huit personnes en tout, se partagent une pièce de 35 m2, divisée en deux minuscules chambres, un couloir et des toilettes.A l'intérieur du taudis, la forte odeur d'humidité frappe les narines, des murs aux fissures apparentes et le risque d'inondations qui guette les résidents durant la saison des pluies, sans oublier le danger d'effondrement du talus qui surplombe la construction. Veuve depuis trois ans, âgée de 80 ans, Laânes Djemaâ traîne derrière elle des années de souffrance et d'attente d'un logement qui puisse l'abriter avec ses enfants pour vivre dans la dignité. Avec tristesse, elle affirme avoir déposé un dossier pour l'obtention d'un logement social en 1987. A ce jour, sa demande traîne toujours dans les tiroirs, malgré les milliers de logements distribués ces dernières années. La pauvre dame soutient que lors du recensement, elle a été privée d'une préaffectation, sans aucune explication sur la cause, ni par le comité de quartier ni par les services de la daïra. «Je vis avec ma famille dans cette construction depuis 20 ans. J'ai tenté à maintes reprises de déposer un nouveau dossier, mais les documents fournis étaient rejetés à chaque fois par les responsables concernés.Qu'y a-t-il exactement ' Pourquoi les autorités concernées ne répondent pas à mes correspondances ' J'ai envoyé plusieurs lettres aux chefs de daïra, maires et aux walis qui se sont succédé à Constantine, mais en vain. Malheureusement, on a préféré classer mon dossier et laisser ma famille vivre dans la précarité totale», a regretté Laânès. Elle notera que même les procédures entamées par ses deux enfants n'ont pas eu d'écho. Pour quelle raison cette famille a-t-elle été épargnée abusivement de l'opération du recensement ' Parmi les 80 000 logements sociaux distribués depuis une quinzaine d'années, il n'y a pas eu de la place pour la famille Djemaâ '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yousra Salem
Source : www.elwatan.com