
Les enseignants de l'Institut de nutrition, d'alimentation et des technologies agroalimentaires (Inataa), ont tenu, dimanche dernier, une assemblée générale en signe de solidarité avec le recteur de l'université Frères Mentouri (Constantine 1),le professeur Abdelhamid Djakoune, et le directeur de l'institut, Abdelghani Boudjellal. Ces deux responsables risquent en effet quatre ans de prison ferme suite au réquisitoire du procureur de la République, prononcé jeudi dernier au tribunal de Constantine, dans l'affaire dite de l'Inataa.Une situation inquiétante, d'après les enseignants de ce campus. C'est pourquoi ils ont suspendu leurs activités depuis dimanche et tenu une assemblée générale afin d'apporter leur soutien à leurs collègues. Le gel des activités a été reconduit lundi et un plan d'action a été établi, selon Naila Bouchadja, représentante des contestataires. Selon elle, le recteur et le directeur de l'Inataa ont été convoqués jeudi dernier pour des faits dont ils ne sont pas responsables. «Il est bien entendu que les collègues ont agi en mai 2015 pour libérer le campus de l'Inataa, défendre l'institution et permettre le libre exercice des activités pédagogiques et de recherche, actions réclamées par les enseignants et tous ceux qui avaient à c?ur la défense de l'institution compte tenu des rumeurs inquiétantes et persistantes», lit-on dans le communiqué remis à notre rédaction.Les faits remontent à mai 2015. Les étudiants de l'institut en question ont tenu une grève ouverte pendant des mois pour réclamer la reconnaissance de leur diplôme par la Fonction publique. Cette grève, devenue incontrôlable, a inquiété les responsables. Le 5 mai est survenu un accrochage violent entre les agents de sécurité et les grévistes, causant de graves blessures à 11 étudiants, dont des filles. Les agents de sécurité ont même utilisé des chiens dans leur confrontation avec les étudiants. Il a fallu l'intervention des éléments de la gendarmerie pour stopper ce dérapage.Lors de l'audience de jeudi dernier et d'après le rapport établi par la Gendarmerie nationale, 102 agents de sécurité des différents campus de l'université Frères Mentouri ont été réquisitionnés pour empêcher les étudiants de fermer l'entrée principale de l'institut suite aux instructions du recteur. Toujours durant l'audience, Abdelhamid Djakoune a estimé que les agents ont été mobilisés pour protéger le matériel des laboratoires et non pas pour violenter les étudiants.Ces derniers, ayant obtenu des certificats d'incapacité de un à sept jours, ont affirmé qu'ils ont été attaqués et battus violemment par les agents de sécurité et qu'ils ont été contraints de se défendre.De leur côté, les enseignants estiment que la justice a eu la main lourde et que désormais, l'acte d'enseigner devient dangereux. «Pourtant nous étions solidaires avec les étudiants. Tout enseignant souhaite que le diplôme obtenu par ses apprenants soit reconnu par la Fonction publique.Mais notre statut sera fragile désormais. Nous travaillons de peur d'être poursuivis en justice. Nous faisons confiance à la justice, mais quatre ans de prison ferme, c'est une peine trop lourde. Quand même on a affaire à des intellectuels et pas des criminels», fulmine le Pr Mekhancha. Il ajout, au nom de tous les enseignants, que 80% du retard a été rattrapé pour ne pas pénaliser les étudiants. Les professeurs de l'Inataa étaient même unanimes à menacer de quitter le travail si la condamnation est confirmée car pour eux, tout le monde a été touché quelque part par cet incident. «Nous cherchons un climat de sérénité pour l'ensemble de l'institut», a conclu M. Mekhancha. Notons que le verdict sera prononcé demain.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yousra Salem
Source : www.elwatan.com