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Des promesses et des engagements qui restent à tenir



Des promesses et des engagements qui restent à tenir
Pour donner le change à toute action gouvernementale, il n'y a que deux départements ministériels qui ont la capacité de le faire par la grâce de l'importance qu'ils revêtent dans l'opinion publique et pour cause la leur...d'action : la santé et l'éducation. De l'efficacité sur le terrain, et surtout dans le cadre de vie de la population, de ces deux ministères relève très souvent la stabilité sociale et...politique. Ces deux derniers étant par ailleurs interdépendants.La preuve peut en être donnée par les conflits sociaux à répétition jusqu'à labanalisation qui minent le fonctionnement des deux secteurs depuis plus d'une dizaine d'années. Du coup, pour l'un et l'autre secteur, leurs responsables se considèrent obligés de faire dans l'attitude, la démonstration, l'engagement et surtout les promesses les plus ostentatoires possibles. Ainsi, en est-il du ministre de la Santé qui, là où il passe et après avoir fait le constat amerdes dysfonctionnements, du manque de personnel tous corps et spécialités confondus, d'équipements, d'espaces, de mauvaises conditions d'accueil, annonce à la cantonade que le département qu'il dirige a «...déjà prévu et dégagé un budget conséquent de X milliards de dinars pour rééquiper entièrement la structure, rénover les bâtiments, acquérir matériels et équipements de dernière génération, etc.».Rares sinon inexistants, auront été les ministres à déroger à cette règle, pour ne pas dire à l'effet des...effets d'annonce. Certains d'entre eux ont l'art et la manière de faire avaler des couleuvres à leurs interlocuteurs. Sauf, que lesdits discours sont désormais usés et les promesses ne sont plus convaincantes comme les engagements sont rarement tenus.Prenons l'exemple de la réhabilitation des grandes structures de santé du secteur.En 2010, déjà le ministre en exercice, en l'occurrence Saïd Barkat, annonçait la disponibilité d'une enveloppe financière à hauteur de 160 milliards de dinars pour la rénovation de 320 hôpitaux publics. En fait, rien n'a jamais été fait et cinq années plus tard un ministre à la tête du même secteur calque presque son pas sur celui de l'un de ses prédécesseurs pour resservir, non sans une certaine nuance pour ne pas dire habillage, un menu identique.Nous en donnons pour preuve sa visite, hier, dans la wilaya d'Annaba, où il annonce la réalisation de trois centres anti-cancer à Sidi Bel Abbès, Tizi Ouzou et Constantine. Encore, eut-il fallu que celui qui se trouve dans la dernière ville évoquée fonctionne alors qu'il n'arrête pas d'être au stade de projet non livré définitivement depuis plus d'une dizaine d'années et des équipements high-tech commandés au milieu des années 2000 et livrés partiellement presque en état d'obsolescence technique à partir du début de l'année 2014, au moment où des milliers de cancéreux ont eu à attendre, pour ceux à qui Dieu prête vie, près de deux années pour subir une radiothérapie.Nous en donnons également la preuve par les propos tenus le jour même, dans le cadre d'un reportage diffusé sur la Chaîne III, par des travailleurs au sein des centre anti-cancer où ces derniers affirmaient «la récurrence des pannes d'équipements nouvellement acquis» et avec pour argument cette réponse d'un cadre du ministère de la Santé, selon lequel «désormais les fournisseurs étrangers vont être tenus par l'obligation du service après-vente». Ce qui relève du surréalisme pour ne pas dire de l'aberration, sachant qu'une telle obligation a toujours existé ou du moins a existé depuis l'indépendance dans toutes les commandes et contrats de livraisons d'équipements...quels qu'ils soient.Nonobstant une réalité qui prévalait du temps de l'état d'opulence du pays, et par voie de conséquence, d'un une aisance financière, qui pouvait permettre la concrétisation de tous les projets et des...engagements pris en ce sens, il paraît encore moins probable que tous ceux désormais pris par l'actuel ministre de la Santé soient suivis d'effet. Même si «le poste Santé», au regard de l'Etat, reste le plus essentiel dans la mesure où il est le garant de tout ce qui le...reste. En 2008, au lendemain d'une série de rapports venant en conclusion de visites in-situ faites par des commissions d'élus de wilaya, et sans doute commandés par l'APN, le ministère de la Santé a instruit ces structures décentralisées parmi les plus importantes à l'humanisation de l'action médicale partant de la réception à l'acte chirurgical le plus complexe et ce jusqu'à la sortie du malade. Cette instruction s'est dans les faits limitée à embellir et équiper les salles d'attente ou sinon à l'installation de climatiseurs (ce qui par ailleurs n'est pas moindre) et la dotation d'un téléviseur par salle de patients.Conclusion, au cours d'une visite faite en 2010 dans un hôpital d'Alger, Saïd Barkat vraisemblablement sous le coup de l'émotion avait déclaré «...Il est inadmissible que les Algériens continuent à se soigner dans des conditions difficiles...». Pourtant, ça empire d'année en année.A. L.


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