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Des poussins vendus sur la voie publique



Des poussins vendus sur la voie publique
La vente des poussins d'élevage sur les trottoirs de la ville et à l'entrée des souks populaires prend de l'ampleur à la faveur du retour du beau temps. Rassemblés dans des cartons, pépiant et encore tout couverts de leur duvet jaune canari, ces petits volatiles sont cédés à 10 dinars l'unité. Le vendeur l'enveloppe dans un sachet de papier comme s'il s'agit d'une motte de persil et l'acheteur est généralement un père de famille accompagné de -ou de ses- enfants, auxquels est destinée cette marchandise pour les amuser. Un court amusement il faut le dire parce que généralement le malheureux poussin ne survit pas aux traitements que lui font subir les gosses, ainsi que les conditions climatiques, et on le retrouve le lendemain matin les pattes en l'air, mort. Il n'est nullement question ici de faire des reproches aux gosses, eux aussi plein d'innocence et qui ignorent les conditions de vie minimum qu'il faut offrir à leurs «jouets» pleins de vie et fragiles, pour survivre dans des milieux qui ne sont pas les leurs, mais aux revendeurs sans scrupules qui se livrent à ce genre de commerce morbide et à leurs pourvoyeurs. Et comment ! On sait pertinemment que ces poussins sont achetés en devise à l'étranger pour être destinés à l'élevage et à nul autre usage. L'objectif économique visé par l'importation de cette marchandise était, bien sûr, de combler le déficit local de production de poulet d'abattage et, par là, faire baisser le prix de cette denrée dans les marchés. Surtout que le Ramadan, mois de grande consommation, est à nos portes et, comme toujours, il faut s'attendre à voir le prix du poulet voler vers les sommets. Quelles sont les sources d'approvisionnement des marchands ' Par qui sont cédées ces grandes quantités de poussins, bien vivants et qui servent de jouets à nos enfants ' Telles sont les questions essentielles et bien d'autres que nous avons posées hier aux responsables des secteurs concernés. « Il s'agit de bout en bout d'un circuit informel qui opère hors du contrôle de l'Inspection vétérinaire de la Direction des services agricoles », nous ont déclarés hier des responsables de cet organisme de la wilaya de Constantine. Pour eux, il est indiscutable que tout animal qui échappe à leur contrôle reste vecteur de maladies. Aussi, tout en condamnant cette pratique qui ressort du domaine de la maltraitance des animaux, ils ont déclaré n'avoir aucune idée sur les circuits par où passe ce genre de marchandise. Même son de cloche chez le directeur du commerce de la wilaya, lequel a estimé que la vente sur le trottoir échappe à sa compétence et est du ressort des services de sécurité de la voie publique. Sur un autre plan, M. Boularak a affirmé que le poussin d'élevage ne provient pas uniquement du circuit de l'importation et qu'il y a des producteurs locaux qui ont investi ce créneau. D'autres sources ont cherché à minimiser le phénomène en disant que ce commerce se pratique occasionnellement hors des circuits licites et est tenu uniquement par des petits revendeurs et des chômeurs qui cherchent à se faire de l'argent de poche. Reste à dire qu'avec l'apparition des grandes chaleurs, le risque de maladies chez les enfants qui jouent inconsidérément avec les poussins en les serrant contre leur corps frêle, en les tenant tout le temps par les mains sans prendre la précaution ensuite de les laver. Et tout cela se déroule sous le regard inconscient ou irresponsable des parents. Ces derniers entendent pourtant chaque jour à la radio, ou par les journaux, les campagnes de sensibilisation menées actuellement par le secteur de la santé et le mouvement associatif sur la nécessité de se laver constamment les mains pour prévenir toute sorte de maladie.


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