
La nouveauté, cette année, pour le festival international du conte dans sa cinquième édition, est sa délocalisation au palais Ahmed-Bey. Un choix imposé aux organisateurs du fait que le théâtre régional de Constantine (TRC) là où se tenait d'habitude ce festival, a été fermé récemment pour cause de rénovation. Une délocalisation « provisoire » dans un lieu magique qui a ravi aussi bien les organisateurs que le public nombreux venu assister à l'inauguration du festival, lundi dernier en fin d'après-midi. Véritable joyau architectural, le palais du Bey est chargé de plus d'un siècle et demi d'histoire, et il ne serait donc pas interdit d'organiser de temps à autre quelques activités culturelles, des concerts de musiques classiques, des expositions ou encore un festival du conte. D'autant plus que les organisateurs de l'association Kan Ya Maken ont mis le paquet pour installer un décor somptueux, histoire de redonner vie au palais, ouvert au public il y a seulement trois années. Avec l'accord de la direction du palais du Bey, la scène a été installée dans un patio entouré d'arcades et de faïences authentiques, appelé Ouast E'dar (le centre de la maison), une cour d'une maison annexée au palais et qui était, dit-on, habitée uniquement les mois d'hiver par le Bey. En somme, cette première journée du festival qui se déroulera jusqu'au 16 mai a, encore une fois, émerveillé le public, petits et grands. Cinq conteurs et conteuses ont, tour à tour, raconté de petites histoires, souvent drôles, dans les deux langues, l'arabe et le français. La conteuse marocaine, Halima Hamdani a été la première à entrer sur scène pour emmener le public à la découverte de l'oralité dans le fin fond du Maroc, avec deux histoires : celle d'un homme et d'une femme tous deux têtus, puis celle du couple Ali Ezhar (le chanceux) et sa femme Dawiya. Halima Hamdani combine merveilleusement le drôle, le surnaturel et l'intrigue. Les déserts, les forêts, les châteaux, ou les villages, se transforment en espaces fantastiques et des personnages, qui ne sont pas toujours des héros, mais leurs histoires se terminent plutôt bien. Autre carton de la soirée, la Libanaise Leïla Darwiche qui a narré, durant près d'une demi-heure, l'histoire d'un opportuniste connu dans sa ville pour être un voleur et un menteur mais qui souffre d'un vice : celui de parier tout son argent volé. Traqué par la mort (incarnée par une sorte de déesse), il deviendra, grâce à un arrangement avec cette femme, au fil des années, un homme riche et puissant. Mais après l'avoir dupé à plusieurs reprises, il finit par être emporté à son tour par la mort. Kan Ya Maken, qui a vu le jour en 2007, nous surprend à chaque fois. Outre le fait de faire redécouvrir une tradition orale malheureusement de plus en plus négligée dans notre pays, elle ?uvre aussi à former beaucoup de jeunes conteurs et conteuses. Le public peut ainsi assister aux spectacles donnés par ces conteurs amateurs formés par l'association au Centre culturel M'hamed-Yazid d'El Khroub, l'Office des établissements de jeunes (Odej) et le conservatoire Bentoba.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kais Benachour
Source : www.horizons-dz.com