Constantine

Des illustrations aux origines multiples



Des illustrations aux origines multiples
Une vingtaine d'artistes arabes ont investi, à leur manière, le hall des expositions du Palais de la culture Mohamed Laïd El Khalifa, qui, avec du collage, qui avec des installations.C'est une première à Constantine. L'art contemporain, qui ne fait jamais l'unanimité de par le monde, demeure toutefois sous le coup de la subjectivité. L'événement «Constantine, capitale de la culture arabe» a permis au public de diversifier sa vision de l'art.Regrouper plusieurs artistes de talent, via leurs œuvres, autour d'un même thème gravitant autour de l'identité arabe a abouti à une exposition épurée mais de symbolique forte.Ali Assaf, un artiste d'origine irakienne, s'est basé sur la géographie pour matérialiser le sujet. Il a littéralement représenté l'ensemble des territoires arabes, selon la formule consacrée «de l'Atlantique au Golfe». Les zones de turbulences ou de conflits, à l'exemple de la Libye, du Proche-Orient ou de la Somalie sont indiquées par des allumettes (grand format) brûlées.Ces artistes, qui ont travaillé en résidence, ont eu chacun une approche différente du thème, parfois à l'opposé les uns des autres. Rabee Kiwan, le Syrien, a immortalisé sa vision par une œuvre, soit des peintures à dimensions variables.Des photos de passeport, d'hommes et de femmes, estampillées, ce qui laisse libre cours à l'extrapolation sur les origines de ces personnes, réelles ou fictives. L'identité est au coeur de cette représentation, intra ou extra-territoires, est-elle assujettie ou non au lieu ' Moult questions peuvent venir tarauder l'esprit, se bousculer dans la mémoire collective du public qui demeure seul arbitre, seul maître de son interprétation. Les artistes exposants ne sont pas là pour en débattre.C'est bien dommage ! Ils ont juste assisté au vernissage et s'en sont allés. L'événement «Constantine, capitale de la culture arabe» ne pouvait les prendre en charge quelques jours de plus, a-t-on laissé entendre. L'exposition comprend notamment des peintures, des sculptures contemporaines, des installations, des impressions photographiques, ainsi que des projections vidéo des œuvres.Mais à part Khaled Jarrar, le Palestinien, de Farah Khelil, Adel Bentounsi, Khalfa Besma Djmila, la majorité des exposants n'ont certes pas uniquement l'arabité en commun.Une autre caractéristique les rassemble, celle de vivre ailleurs, en dehors de ces «territoires» qu'on a symbolisés. Ils nourrissent leur création et cultivent leur passion à mille lieues de la pression et des restrictions de l'expression. Ils vivent aux Etats-Unis, Paris ou Londres, où l'être humain avant d'être artiste jouit pleinement de droits et de liberté. Matérialiser une idée se fait sans tabou et sans préjugé.D'où la distinction palpable entre les uns et les autres à travers leurs œuvres respectives. L'exposition durera jusqu'à la fin de décembre prochain.Le public, qui n'est pas encore habitué à ce genre d'exposition, pourra se faire sa propre opinion. «Cette exposition vise à diversifier celles organisées dans le cadre de l'événement phare de la ville, faire connaître, promouvoir et conserver l'art contemporain, encourager les jeunes talents dans cette discipline et échanger les idées et les expériences entre les participants», dixit les organisateurs. Cette lubie est en réalité un pari osé, car l'art contemporain, ou l'art actuel, est rarement fédérateur.


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