Nasser Hannachi
L'Etat consacre des sommes faramineuses pour permettre à sa population de bénéficier de médication adéquate. Mais l'équilibre ne
parvient pas à s'instaurer malgré les compétences médicales existantes et les budgets débloqués pour le secteur. Le citoyen lutte au quotidien pour avoir un rendez-vous auprès d' un spécialiste. Il puise dans les rouages pour espérer une radiologie. Deux indicateurs parmi d'autres qui reflètent la situation dans laquelle se démène la santé publique après quelques années de réformes positives en matière infrastructurelle, mais en deçà des aspirations quant à la prise en charge effective des populations. Les réformes hospitalières engagées par les divers départements qui se sont succédé à la tête du secteur cherchent désespérément un consensus auprès des concernés : les malades. Une satisfaction sanitaire qui n'a pas encore rayonné dans les services du secteur public. De Amar Tou à Ziari en passant par Ould Abbes, la fréquence du malaise persiste au niveau de la santé publique et curieusement, l'apaisement grandit dans le secteur privé. D'aucuns estiment que les dysfonctionnements que vivent certains hôpitaux ne sont pas inhérent à un manque de moyens. Ils résultent d'une mauvaise gestion. En outre, les sempiternelles crises d'ordre socioprofessionnel continuent de ressurgir au point de faire comprendre que l'assainissement dans ce secteur vital est loin d'être achevé. Et du coup les patients en payent les frais
doublement. Dégradation de leur santé (pour des cas chroniques) et débrouillardise couteuse pour se procurer les moyens nécessaires pour une prise en charge auprès des cabinets ou des cliniques privées. Réclamer ses droits et bafouer le serment d'Hippocrate ' Du moins telle est l'incrimination émise par les citoyens, mais récusée par la corporation médicale.
«En aucun cas nous avons négligé notre mission. Même en temps de grève, le service minimum étant assuré», soutient un docteur affilié à un établissement public. Le pari engagé dans la santé de proximité en réalisant autant d'établissements n'a pu contenir toutes les pathologies dès lors que les spécialités y font cruellement défaut malgré l'élargissement des services «hospitaliers» à ses enceintes proches du citoyen. Entre le discours des officiels et la réalité, la nuance est de taille. «Tant que le malade tape sur la porte en prisant la moindre piste pour se faire prendre en charge c'est que la santé est malade», martèlent des individus. Le constat est sans appel.
Les hôpitaux, pour le cas de Constantine, sont débordés et le manque de moyen vient «empester» le milieu. «Il est inconcevable de travailler dans des conditions de pression. Le CHU gère tout l'est algérien. Si le staff est à bout de nerfs il faut le comprendre. Paramédical ou médecin sont confrontés au quotidien à des urgences multiples», souligne pour sa part un hospitalo-universitaire. Une fréquence qui altère le climat de travail et affecte la prise en charge. La gratuité ou - le symbolique prix d'hospitalisation- est certes bénéfique et dérisoire aux yeux de la population. Mais en regard du budget alloué au secteur par les pouvoirs publics, les prestations devraient être honorables dans les pavillons. Ce n'est pas le cas. Les diagnostics les plus élémentaires en ce XXIe siècle se font extra hôpital. Evidemment chez le privé qui cumule positivement «les défaillances»
enregistrées dans le système de santé public. Alors que les tests poussés réclament les yeux de la tête et sont quasi inexistant dans la structure mère ; les examens biologiques ou des radios (scanner ou IRM) se pratiquent au CHU. Toutefois, par moment, le manque de réactifs ou des pannes récurrentes dans les appareils poussent les cas urgents à se dépouiller par les cliniques et laboratoires privés. En matière de gestion, de tout temps des observateurs ont prôné un management approprié. «L'administration doit être régie par des spécialistes en la matière. C'est une singularité de voir les structures fonctionner uniquement par la grâce des professeurs dont la mission principale est de soigner leurs malades», précisent des sources managériales à Constantine. Certes l'association de telles
compétences médicales s'imposent pour mieux canaliser les carences. Mais il ne faut pas occulter au médecin sa vraie vocation. Des expériences en d'autres pays ont démontré à titre d'exemple que la gestion de la capacité d'accueil n'est pas sans conséquences sur la prise en charge. Pour cela des «gestionnaires» ont été dépêchés pour réguler sans faille le flux entrant et sortant pour permettre une meilleure rotation aux urgences notamment, qui cumulent le plus grand taux d'hospitalisations. Puisque c'est là que se joue l'heure de vérité de toute la chaîne hospitalière. «Les urgences reflètent la bonne conduite des hôpitaux», appuient-ils.
Les admissions se font au quotidien.
Les cas graves «décrochent» des lits tout en croisant les doigts pour une thérapie sur place. «Une fois hospitalisés, des patients sont invités à effectuer des analyses ou des radiographies en dehors de la structure du CHU, car celle-ci n'en est pas doté», affirme, et c'est un fait, un interniste.
N. H
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com