
Baisser de rideau, vendredi, sur la cinquième édition des Journées du conte et du récit de Constantine.L'événement organisé par l'association Kan Ya Makan, a élu domicile, pour l'occasion, dans le prestigieux patio du palais du Bey. Pendant cinq jours, les familles constantinoises et leurs enfants ont profité des soirées printanières parfumées de senteurs florales et admiré les talents des conteurs venus de plusieurs pays déployer leur art de la narration, de l'humour et du théâtre. Dans des costumes laissant deviner leurs traditions et appartenances géographiques, les conteurs Halima Hamdane (Maroc), Isabelle Genlis (France), Traoré Bakary (Burkina Faso), Leïla Derwiche (Liban) et l'Algérienne Sihem Kannouche se sont succédé sur scène et ont su charmer le public. Ces manifestations culturelles sont animées par des conteurs talentueux qui se sont assignés l'obligation de relancer cet art populaire.Au Burkina Faso, par exemple, un pays connu pour ses traditions orales, le conte est de plus en plus présent. C'est ce que confirme le Burkinabé Traoré Bakary, rencontré en marge de la manifestation. Il nous apprend que l'héritage oral dans son pays, transmis de père en fils en langue bambara (une langue parlée dans plusieurs pays africains), est traduit dans plusieurs langues dans le monde. Aussi, grâce aux efforts de la «la Maison de la parole», une organisation qui chapeaute l'activité culturelle au Burkina Faso, des journées de contes sont régulièrement animées par des narrateurs professionnels.Pour sa part, la Libanaise Leïla Derwiche croit que le conteur est appelé à développer d'autres facultés essentielles comme le théâtre, puisque, selon elle, le conteur «doit porter son histoire dans sa tête, mais surtout dans son corps.» Hôte de la ville du Vieux rocher, elle prépare un recueil de contes palestiniens qui sortira bientôt. L'expérience «réussie» du conte chanté à laquelle Sihem Kannouche s'est essayée avec la complicité du chanteur de malouf Abbès Righi, avec El Boughi, une poésie tirée du répertoire traditionnel du malouf, l'inspire davantage.Elle compte, à l'occasion de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», faire de même avec d'autres poèmes ou «qsidate» qui ont marqué l'histoire de Constantine.Les efforts se multiplient pour la relance de cette pratique porteuse d'humour, souvent de morale et surtout de plaisir. Notons que le Festival du conte et du récit de Constantine a vu la participation de cinq conteurs professionnels et une vingtaine d'amateurs. Il faut dire aussi que le palais Ahmed Bey, qui a accueilli quelques soirées de ce festival, a donné une touche historique à cette édition.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O S Merrouche
Source : www.elwatan.com