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Dégradation avancée



Dégradation avancée
Un spectacle désolantComplètement abandonné, le club possède une quarantaine de chevaux.Le club hippique de Constantine, a vu le jour le 2 juillet 1963. Initialement installé à Sidi Mabrouk, il a été réalisé par des notables de la ville, à savoir le Dr Boudjemaâ, MM. Climenti et Roger Macha. En 1965, il sera transféré à Oued H'mimime et enfin en 1968, il finit par être installé au 7e kilomètre au Polygone.Le club a toujours été sujet de polémique et de litiges entre certains cercles à l'appétit infini, car de par sa situation stratégique, le club d'une superficie de 78 hectares, ne garde aujourd'hui que 2 ha et encore ce peu de terrain occupé, suscite bien des convoitises.Le club est censé être sous la coupe de la DJS, laquelle confie à son tour la gestion à une association qui active depuis plusieurs années. En 2010 cette même association avec beaucoup de volonté a redonné du dynamisme aux activités en organisant quelques concours. L'espoir de revoir cet endroit chic reprendre son souffle après une décennie rouge où le terrorisme avait gelé toute bonne action a été salué par les familles. Mais au fil du temps, le club est passé à un état apocalyptique comme nous l'avons constaté de visu. Complètement abandonné, le club possède une quarantaine de chevaux, seuls ceux qui ont un propriétaire étaient pris en charge, non par l'association qui touche pourtant des cotisations de l'ordre de 11.000 DA par propriétaire, chaque mois, mais par les cavaliers et les possesseurs eux-mêmes. Le reste, une dizaine de chevaux dont beaucoup avaient remporté des compétions internationales se trouvaient dans un état lamentable et inhumain. On ne pouvait presque pas oser les regarder. La situation qui mérite une dénonciation nous a amenés à entrer en contact avec les propriétaires et les responsables du club. A chacun sa version, mais le constat donne forcément raison à une partie qui lutte depuis plus d'une année pour remettre de l'ordre et sauver cet animal noble. Outre les problèmes cités par nos interlocuteurs, il est important d'évoquer les vols, l'absence d'éclairage, le laisser-aller, le manque total d'hygiène, des taupes qui peuplent le club, le manque de nourriture, le foyer des cavaliers sous-loué et transformé en café où l'on sert des grillades. On souligne aussi que l'entrée qui n'est pas gratuite pour les couples avec le témoignage de 26 personnes. C'est carrément la réputation de ce lieu familial qui est remise en cause. Que fait l'association' rien selon le témoignage aussi bien des cavaliers que des propriétaires, elle est démissionnaire après avoir refusé l'adhésion de plusieurs personnes, elle décline toutes les propositions pour les soins des chevaux, pis encore, le club a été fermé durant un mois après une inspection pour absence d'hygiène en 2015. C'est le wali lui-même qui avait ordonné sa fermeture, Houssine Ouadah est pourtant un fidèle du sport, notamment quand il s'agit des sports equestres et le comble, l'association qui a dévié de sa mission fait l'objet de six plaintes comme l'attestent les documents remis à notre rédaction. L'association dispose d'un vétérinaire, mais qui ne vient jamais témoignent encore nos interlocuteurs, C'est le Dr Belkacem, un amoureux du cheval qui vient consulter l'animal à titre bénévole. Il nous dévoile toute la souffrance de ces animaux nobles nous invitant à prendre des photos.Les images sont traumatisantes et nul ne peut dire le contraire. Pour se défendre, le trésorier de l'association avance «nous n'avons pas les moyens». Pourtant des dons allant jusqu'à 500.000 DA ont été faits en faveur du club, ainsi que pas moins de 22 projecteurs pour l'éclairage dont seulement quelques-uns ont été installés. Les obstacles des sauts sont introuvables, l'argent des subventions n'a pas été utilisé comme il se doit. Le trésorier ajoute encore: «on n'a pas le droit d'effectuer des travaux c'est le rôle de la DJS et nous n'avons plus de subventions»! Selon lui et contrairement aux dires des propriétaires qui nous ont présenté les bons d'adhésion, personne ne paye ses dettes' C'est sur la même lancée que le président de l'association absent du club a pris contact avec nous par écrit pour souligner que «le site appartient à la DJS, nous n'avons pas le droit d'entreprendre des travaux d'embellissement. La DJS est la seule habilitée à le faire. Concernant les propriétaires de chevaux, ils ne nous aident pas beaucoup par leur comportement égoïste et opportuniste. Je n'accuse pas tout le monde, mais la majorité, j'ai une liste de plus de 10 propriétaires qui sont en retard de payement. L'association va entamer des procédures légales. Je vous rappelle que nous sommes le seul club qui a une pension dérisoire. Impossible d'assurer une nourriture convenable aux bêtes. Il faut noter aussi que nous sommes en phase de préparer les élections d'un nouveau bureau et élire un nouveau président. Je pense que c'est la raison pour laquelle il y a une tension et un climat électrique entre deux groupes. Personnellement je ne compte pas renouveler mon mandat, j'ai donné ma vie pour ce club, le contexte ne le permet pas». L'Assemblée est prévue pour le mois de septembre, en attendant les propriétaires de chevaux s'organisent pour redresser la situation; ils sont en train de développer un plan avec un programme de travail en sollicitant les instances compétentes pour redonner vie à ce club, initier de bonnes actions pour ce sport qui demeure l'un des plus généreux et fortement disciplinaire.Le club reste un bien de l'Etat qui doit répondre à certaines règles et non pas une propriété privée.
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