
«Ma situation est la même depuis 3 ans, j'ai frappé à toutes les portes, je suis inscrite à l'Anem, mais je n'ai jamais réussi à décrocher un poste, pour qui je vais voter'»Alors qu'on est en pleine campagne électorale, rien n'annonce cependant la fiévreuse ambiance habituelle qui donne un caractère particulier à cette période où les partis en course défilent sans cesse. Elle semble amère et froide avec un arrière-goût âcre. En un mot, une campagne sans saveur. Les citoyens sont plutôt déçus et désespérés d'entendre à chaque fois les mêmes promesses sans lendemain.Les partis politiques misent pour la plupart sur les jeunes, mais ceux-là même ne sont pas motivés et ne sentent pas concernés.Le spectre de l'abstention se confirme de jour en jour. Ces même jeunes que nous avons abordés dans la rue, pensent qu'ils ont été trahis, notamment par les formations politiques majoritaires ayant promis un avenir rassurant à la société, mais que des paroles. Pour ces jeunes, chaque parti ne s'investit que dans son intérêt. Pour eux, les députés censés les représenter sont aux abonnés absents. Une fois au sommet, chacun oublie pourquoi il est là! Lamine, un jeune de 32 ans qui peine à assurer son avenir nous confie: «Je n'attends plus rien, je ne suis pas que déçu, mais désespéré, quand tu n'as même plus le droit de te soigner, que te reste-t-il, à part croire à un miracle'»Mokhtar, un autre jeune de 37 ans qui travaille depuis cinq ans par le biais de l'Anem déclare avec amertume: «Durant ces cinq années je n'ai rien pu faire à part m'offrir un joli portable, tu ne peux même pas espérer ou penser fonder un foyer, avec 15.000 DA, on ne construit pas un avenir, pourtant je suis universitaire, j'ai introduit des dossiers partout, j'ai passé des concours pour être confirmé dans mon poste, en vain, le plus paradoxal dans tout ça c'est que, les recrutements se font en coulisses entre amis et familles, maintenant qu'on subit la politique de l'austérité et un blocage dans les recrutements me reste qu'à compter les années qui me rapprochent de la mort!»Terrible témoignage de ce jeune possédant une culture remarquable. Hélas, Mokhtar n'est pas le seul dans cette situation qui le démotive pour donner sa voix, le cas de cette jeune fille en chômage que nous avons rencontrée avec sa maman souligne avec un sourire d'étonnement «Mais que voulez-vous que je vous dise, étant étudiante j'avais de l'espoir, je voyais mon avenir tout tracé, toute motivée pour donner ce que j'ai et apprendre encore de la vie, mais comme vous voyez, je fais les courses avec ma mère, le seul loisir que j'ai. Ma situation est la même depuis 3 ans, j'ai frappé à toutes les portes, je me suis inscrite à l'Anem, mais je n'ai jamais réussi à décrocher un poste, pour qui je vais voter' Vous croyez que ça va changer quoi dans ma vie ou celle de tous ces jeunes' Rien à mon avis. C'est dire que les partis politiques ne sont pas réellement à jour avec la société. Ils vivent hors du contexte des besoins de la population et répriment avec force cette énergie qui aurait pu servir à aller de l'avant dans le développement socio-économique.Des alliances, pour être plus représentatives, des promesses pour d'autres sans tenir compte du mensonge à l'égard des Algériens, en fait ces politiques se battent uniquement pour leur existence. Ils distribuent le même discours en instrumentalisant toujours la mémoire des martyrs, parlent des principes du 1er Novembre, de la décennie rouge, mais ils n'ont jamais été capables d'apporter un plus à l'Algérie. C'est en somme, le résumé des témoignages d'une dizaine de jeunes que nous avons rencontrés dans les rues de Constantine qui affichent leur indifférence pour les élections prévues le 4 mai prochain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ikram GHIOUA
Source : www.lexpressiondz.com