L'unité de
psychologie et l'association des psychologues de la wilaya de Constantine ont
organisé, hier, au CHU, une conférence portant sur les thérapies
traditionnelles dans le Constantinois, allant de la «nachra» à la consultation
du «taleb» (guérisseur).
Pratiques visant
le traitement de divers troubles qui s'essoufflent d'ailleurs de plus en plus,
mais qui perdurent néanmoins, et particulièrement dans les cas où la médecine
conventionnelle donne des résultats peu satisfaisants.
C'est ce qu'a
souligné le Dr Mohamed Chelbi, enseignant à l'université Mentouri, qui a
précisé que le thème a été choisi en hommage au professeur Belkacem Bensmaïn,
qui avait beaucoup écrit sur ces thérapies traditionnelles. «Dans une société
qui n'a pas encore complètement largué les amarres avec les traditions, fera
observer le conférencier, ces thérapies des troubles psychologiques,
sociologiques et anthropologiques, selon l'approche traditionnelle, ne sont pas
totalement dénuées d'intérêt».
La pratique de la
«nachra», indique le conférencier, qui a lieu en général au printemps, est une
thérapie qui débute un mercredi, dure six jours et comprend deux étapes. La
première dite «El Hor» et la seconde «l'Ossif» ou le nègre. Elle consiste en la
visite de certains lieux frappés de légende, en général trois stations, où la
patiente procède au sacrifice d'une volaille et au jet et éparpillement de
boulettes de «tamina», préparée la veille.
La seconde phase
devant mener à la «guérison» désignée par «l'Ossif», commence par des visites à
Dar Bahri à Souika ainsi qu'à Dar Barnou à Sidi Djliss, où la patiente se prête
à une danse extatique jusqu'à l'épuisement, puis entre en transe, pour être
ensuite aspergée d'eau et enfin rentre chez elle supposée «guérie». Concernant
la consultation du guérisseur ou «taleb», ce personnage traditionnel occupe une
place importante dans l'imaginaire populaire, qui lui octroie un pouvoir
légendaire «Maatiyatlou», «Yadou fiha el baraka». Ce dernier propose sa
thérapie qui réside en la rédaction d'une amulette ou «herze», censé être porté
tout le temps au risque de perdre son pouvoir, suivi d'autres rites tel le
mesurage thérapeutique dit «chbir», le «bkhor», etc. conseillant à la fin de
s'en remettre à la patience et à la «niya».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : AE A
Source : www.lequotidien-oran.com