À l'heure où se rédigeaient ces lignes, la réunion du comité scientifique n'avait pas encore rendu ses conclusions, déterminantes pour les décisions politiques à prendre dans la lutte contre la pandémie. Encore heureux que l'avis scientifique soit « déterminant », il est déjà arrivé qu'il ne le soit pas. Hier déjà, il était question d'un nouveau « lifting » dans les horaires du confinement qui devaient être resitués entre... 20 heures et 5 heures du matin. On a déjà connu ça, le confinement de nuit n'a pas toujours été compris par les Algériens qui se sont posé des questions de bon sens pour argumenter leur scepticisme quant à l'efficacité de la formule. On peut concéder que la pédagogie scientifique peut venir à bout de la logique ordinaire. Mais le problème est qu'en l'occurrence que l'explication rationnelle n'est jamais venue ou n'a pas vraiment convaincu les fois où elle était audible. Voilà pour la première, parmi ces choses qui ne rassurent pas. La deuxième est que, depuis des semaines, les chiffres officiels sur la pandémie soulèvent de légitimes interrogations. Qu'on ne s'y méprenne pas : les chiffres sont justes ou ne sont pas très loin de la réalité. Jusqu'à preuve du contraire, aucune source crédible ne les a contestés. Pourtant, dans toutes les structures de santé publique à travers le pays, il y a des autorités médicales suffisamment vigilantes et autonomes pour ne pas laisser passer n'importe quoi. Et puis on a bien vu qu'on ne peut plus rien cacher et les horribles images venues de l'hôpital de Constantine en sont la dernière illustration. Surtout pas des morts, des services surchargés et des lits de réanimation qui manquent ; on n'invente pas non plus des guéris qui rentrent chez eux. Pédagogie toujours, on a rarement essayé d'expliquer ces bilans trop rapprochés d'un jour à l'autre. On ne sait pas si le diable habite dans le détail mais rien n'empêche d'aller l'y chercher. Une troisième : élémentaires dans le dispositif de protection, le masque et la distanciation physique peinent à s'imposer, c'est une réalité que seul ne voit pas celui qui ne veut pas la voir. Autre réalité, l'indiscipline du citoyen en la matière n'a d'égale que la nonchalance de l'autorité publique. Et quand ça converge, ça peut faire des dégâts, il n'y a pas à dire. Une quatrième et ultime inquiétude : la « décrue » annoncée pour l'été est loin d'être une évidence et les exemples dans le monde ne manquent pas : le Brésil est en pleine hécatombe, l'Afrique inquiète au plus haut point et l'Europe connaît çà et là des réminiscences inattendues. Le plus dur est derrière nous ' Peut-être mais le... moins dur peut se refaire une santé. Sans (mauvais) jeux de mots.S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com