Selon la définition du Robert : en prendre de la graine, en tirer un exemple, une leçon (capable de produire les mêmes bons résultats). Pour ceux qui ne le savent pas, Robert, l'auteur du dictionnaire, est originaire de chez nous, plus exactement de la ville de Chlef. Il y a quelques années, la PRI, (pas la Prime de rendement individuelle, mais l'organisation internationale de la prévention routière, dont le siège, précédemment à Paris, est actuellement au Luxembourg, suite au décès de son président fondateur, avait lancé un concours en Europe, mettant en compétition toutes les communes d'Europe, sous l'intitulé «La commune la plus sûre de l' Europe».
C'est dire que le nombre de communes en Europe doit être faramineux puisque, seulement en France, il en existe près de 37 000, au regard de nos 1541 communes. Le concours, qui a duré une année, avait été suivi par cette organisation, Prévention routière internationale, qui possède la qualité de conseiller auprès de ONU. C'est dire le sérieux de la prise en charge de la sécurité routière ailleurs, où l'on ne se contente pas des «mounassabate» (occasions) pour en parler. Quant à agir, c'est une autre histoire. Sinon de culpabiliser toujours l'usager de la route (qui n'est pas toujours exempt de reproches, bien sûr !). Comme si, par exemple, l'état des routes serait «exemplaire», que la qualité des pièces de rechange faisait l'objet d'une certaine «garantie», ou que le travail du mécanicien est suivi sérieusement !
Pour rappel : l'accident mortel, à la sortie de Constantine, qui a causé la mort de quatre jeunes filles et fait deux blessées graves, qui a été provoqué par un trou sur la chaussée, que la conductrice, surprise, voulait éviter. Elle est allée percuter l'arrière d'un camion immobilisé sur le côté droit de la route.
Question à zéro dinar : a-t-on pris une quelconque sanction contre les responsables de ce «trou de la mort» ' Mais en fait, qui est responsable ' Et ce ne sont pas les trous ou nids-de- poule (plutôt les nids d'autruche) qui manquent sur notre «Projet du siècle» et dont ils tirent une fierté. Alors qu'on nous a toujours dit qu'un revêtement bien fait, selon les normes, devrait durer entre dix et vingt ans. Voilà qu'au bout de quelques mois, les ornières et trous refont surface sans crier gare. Et avec ces «autoroutes», d'aucuns se plaignent des limitations de vitesse à 120 km/h qu'ils trouvent insuffisants, alors que c'est énorme pour ces voies.
D'autres «sautent» tout de suite sur l'exemple de l'Allemagne, où certains tronçons d'autoroute n'ont pas de limitation de vitesse, mais donnent des recommandations. Nous disons à ces amateurs de risques que ces tronçons de route sont uniques au monde où, parfois, la semelle de béton fait jusqu'à' 80 cm d'épaisseur, pas des revêtements qui s'arrachent aux premières gouttes de pluie. Je vous rappelle la judicieuse intervention de M. Ksentini, président de la CNCPPDH, sur l'état de nos routes : «La Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (CNCPPDH) a appelé l'Etat à mettre à la disposition des citoyens (piétons et automobilistes) des routes et des rues en bon état et sans danger. Un des droits des citoyens, qu'ils soient piétons ou automobilistes, est de voir mettre pour leur usage des routes et des rues en bon état d'entretien susceptible de les rendre praticables, du moins sans danger sécuritaire», a indiqué le président de la CNCPPDH, Farouk Ksentini, dans un appel de son institution intitulé «Stop à la régression routière».
Pour la CNCPPDH, «l'état de nos routes laisse généralement à désirer», à l'exception de l'autoroute Est-Ouest, ce qui donne de l'Algérie, a-t-il estimé, «l'image d'un pays attardé et qui justifie le mécontentement général des citoyens». M. Ksentini a relevé la nécessité de proposer des solutions «appropriées» pour «mettre fin, dans l'immédiat, à cette régression routière de notre réseau national de communication et à celle de toutes les structures routières qui s'y rattachent». «S'il appartient, effectivement, à l'Etat de créer des voies terrestres de communication, de les financer et les aménager, leur maintenance devra nécessairement être confiée à des entreprises privées capables de les entretenir et de créer de nombreux emplois pour cette mission de service public», a-t-il ajouté.
«Les entreprises algériennes qualifiées en la matière existent, les fonds publics également, et, de ce fait, rien ne saurait faire obstacle à un tel projet tout à fait simple dans sa conception et sa réalisation, sinon grandiose dans ses résultats aux yeux des citoyens», a fait valoir Me Ksentini. Quant à notre concours de la commune la plus sûre d'Europe, je vous en ferai part la semaine prochaine, avec les résultats obtenus et les dispositions prises pour ce faire. Avec l'espoir que nos élus prendront de la graine. Qui sait '
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Lazouni
Source : www.elwatan.com