
? Selon le Pr. Djenane, chef de service des grands brûlés, structure faisant partie du service de réanimation du Centre hospitalo-universitaire de Constantine (CHUC), son unité «reçoit, dans l'année, une moyenne de 200 grands brulés atteints gravement, c'est-à-dire ceux dont le pronostic vital est engagé et dont la plupart, s'ils ne décèdent pas, sortent amputés». A ce chiffre on doit ajouter un nombre de «500 brûlés «ambulatoires» qui sont traités, dans son service, durant la même période», relèvera-t-il. Ce spécialiste avec lequel nous nous sommes entretenus, hier, a indiqué que les brûlés viennent de toutes les wilayas de l'Est et du Sud-Est du pays et ils sont pris en charge et traités dans son service.«Le taux de mortalité des grands brûlés dans le service est situé entre 20 et 25%», a indiqué le Pr. Djenane, ajoutant que 90 % sont des brûlures thermiques, résultant d'un contact direct de la peau avec une matière brûlante. «Cela peut-être l'eau bouillante ou l'huile, ainsi que tout genre de liquide. Il faut prendre en compte aussi les brûlures par inflammation de gaz et les incendies. Et 8 % des pathologies sont causées par électrocution, cette catégorie de brûlure qui touche, généralement, de jeunes garçons imprudents et qui occupe la seconde place dans nos statistiques. Les 2% restants sont classés parmi les diverses brûlures chimiques ou des pathologies dermatologiques qui ressemblent aux brûlures. Mais cette dernière catégorie est assez rare», a expliqué notre interlocuteurCe dernier a indiqué, ensuite, qu'il n'existe dans le pays que cinq services pour le traitement des brûlés. Deux à Alger, un à Oran, un à Constantine et un à Annaba. Il y a, également, deux unités à Batna et Sétif. «Le traitement de la brûlure, a souligné le Pr. Djenane, doit commencer sur le lieu même de l'accident. Malheureusement, il y a fréquemment des retards dans l'acheminement des brûlés vers notre service. Et ce retard grève le pronostic de la pathologie en diminuant les chances de guérison, voire de survie».Sur le plan logistique, notre vis-à-vis a précisé que les brûlés sont accueillis et traités dans le service de réanimation où les moyens scientifiques et le matériel existent. Leur prise en charge est assurée par des réanimateurs, mais parallèlement, il y a le service de chirurgie plastique avec qui l'équipe du Pr. Djenane travaille, étroitement, pour les problèmes de chirurgie, telles que les greffes». La principale difficulté que nous rencontrons, à notre niveau, c'est le problème de places, a assuré ce spécialiste, en parlant de son service. « C'est un service de 16 lits, dira-t-il. En matière de capacité, ce service est normalisé et active selon les normes. C'est un service dont l'investissement est lourd. Il ne doit pas dépasser 25 lits et il ne doit pas être conçu pour moins de 6 lits. Et s'il parvient à dépasser 25 lits il devient ingérable et s'il est conçu au dessous de 6 places l'investissement n'est pas rentable.En terminant, le Pr. Djenane a recommandé la multiplication de services similaires à celui du CHU de Constantine pour une couverture adéquate de la région. «Ce qu'on demande c'est l'ouverture de structures similaires, dans les autres hôpitaux de la région pour alléger la pression sur notre hôpital», a-t-il conclu en effet.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Mallem
Source : www.lequotidien-oran.com