Constantine - AGRICULTURE

Constantine - Trois retenues d'eau pour l'élevage du poisson "Berla, Boudjeniène et Boudène"



Trois retenues collinaires situées dans la wilaya de Constantine ont été choisies pour devenir des exploitations pilotes en matière d'ensemencement de poisson en eau douce, en l'occurrence la retenue Berla, dans la commune de Aïn Smara, Boudjniène à Ibn Ziad et Boudène à Ben Badis.

Ce choix a été révélé lors d'une journée d'étude, tenue hier au niveau de la direction des Services agricoles de Constantine (DAS), et ayant regroupé, entres autres, les représentants de la chambre de l'agriculture de Constantine, la direction des Ressources hydriques (DRH), la chambre de la pêche de Constantine et des fellahs.

La wilaya, recensant pas moins de 20 retenues d'eau à travers ses communes, recèle de ce fait, selon les participants, un potentiel suffisant pour envisager d'y entamer des projets d'aquaculture ou de pisciculture, «si certaines garanties sont respectées, bien entendu, on doit être absolument sûr que la retenue ne sèche pas pendant une période allant d'un an et un an et demi, même en été et que le niveau sécuritaire de l'eau, qui doit être impérativement de 3 mètres de hauteur, soit toujours garanti», a précisé une vétérinaire.

M. Bourad de la DRH, en insistant sur la vocation agricole de ces retenues, a en outre mis l'accent sur «l'existence d'une problématique de taille, laquelle est la priorité qu'accorderait probablement tout fellah qui fait aussi de la pisciculture, à l'irrigation de ses cultures au détriment des poissons».

Le secrétaire général de la chambre agricole, M. Kadri, a pour sa part proposé de «cibler également les lacs de Djebel El-Ouahch et en concertation avec la DRH, on choisira le plus valable», ajoutant que «ces lieux de détente et de loisirs se prêtent à merveille à ce genre de projets, en sus du caractère ‘‘nettoyeur» du poisson».

M. Brihmet, un fellah de Sissaoui possédant un bassin en géo
membrane, a affirmé que «l'utilisation d'une station de goutte-à-goutte pour l'irrigation des cultures est à même de garantir une hauteur d'eau d'un mètre, appelée niveau mort, nécessaire et utile pour la survie des poissons».

Et que les fellahs vraiment intéressés par l'aquaculture pourraient se contenter, le cas échéant, d'irriguer 6 hectares seulement, à titre d'exemple, au lieu des 7 habituels, tout en soulignant que «la zone de Hamma Bouziane serait idéale pour l'aquaculture, vu la présence de bassins qui permettent de conserver l'eau qui se déverse d'un bassin à l'autre, un facteur de garantie de la vie des poissons, ainsi qu'une température d'eau idéale allant de 18 à 20 degrés, enregistrée durant toute l'année».

Un fellah venu de la wilaya de Guelma pour partager son expérience réussie dans le domaine a mis l'accent sur le fait que «toute nouvelle entreprise doit rencontrer impérativement des obstacles, tel l'élevage du poulet que les fellahs ont craint tout à son début et voilà maintenant qu'on en fait même dans les serres, mais d'après mon expérience personnelle, il est plus judicieux d'utiliser les bassins pour la pisciculture parce que le suivi est plus facile dans ce cas».

Tous les présents se sont mis d'accord sur l'urgence d'entamer des campagnes d'information sur le terrain et à travers la radio, en direction des fellahs limitrophes des retenues ou possédant des bassins en dur qui peuvent atteindre une capacité de 300 mètres cubes ou ceux en membrane qui atteignent jusqu'à 40.000 mètres cubes de capacité.

«Ceci doit se faire, faut-il le souligner, avant le mois de mai, où les ensemencements devraient avoir lieu, apprend-on de la vétérinaire, et qui peuvent aller jusqu'à la fin du mois de juin».

«La quantité de ces ensemencements, des alevins ou larves, est calculée selon la capacité de la retenue, à savoir, 100 alevins par mètre carré», précisera encore cette spécialiste.

En insistant à la fin sur l'obligation d'établir un cahier des charges fixant les modalités de l'exploitation des retenues par les éventuels fellahs intéressés par l'ensemencement, la journée s'est soldée par la mise en place d'une commission de wilaya regroupant un représentant de chaque service concerné ainsi que de fellahs.

Un projet nouveau, en conclusion, au niveau de la wilaya de Constantine, mais dont la réussite reste, il faut le dire, conditionnée par l'intérêt que porterait le consommateur local à ce type de poisson.

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