Constantine - Revue de Presse

Constantine : La cité Ciloc sombre dans l'insalubrité



Constantine : La cité Ciloc sombre dans l'insalubrité
Photo : Slimene S.A. La cité Kadour Boumedous (ex-Ciloc) qui faisait, il n'y a pas si longtemps, figure de cité résidentielle, est hélas devenue aujourd'hui l'un des quartiers les plus sales de Constantine. Ceinturée dans les années 1970 par un bidonville, éradiqué depuis, le quartier rassemble tous les maux sociaux et à commencer par l’environnement. Le Ciloc ne tardera pas à perdre sa réputation suite aux imprudences de ses habitants, surtout pour ce qui est du jet des ordures ménagères depuis les fenêtres. Et année après année, le constat reste le même, le décor aussi : des centaines de sachets poubelles s’entassent dans l’arrière-cour des cinq immeubles au grand désarroi de ses habitants. Le décor est tellement désolant qu’on a du mal à croire que l’on est à une centaine de mètres du centre-ville, une véritable décharge publique en découle depuis des décennies. S’il est vrai que des associations et comités de quartiers ont vu le jour pour remédier au problème et continuent tant bien que mal à mener des campagnes de nettoyage, la situation ne peut s’améliorer tant que les gens continuent au vu et au su de tout le monde de se débarrasser de leurs ordures de la manière la plus incorrigible et incivique qui soit. C’est du moins ce que nous confirme un membre d’une association et cadre d’Etat pour lequel les voisins sont seuls responsables de ce délabrement : «Nous tentons d’éduquer les enfants mais que leurs parents ne montrent pas l’exemple, que voulez-vous faire ' Nous nous disputons chaque jour et rien n’est fait, tous les jours nous découvrons un nouvel acte. Dernièrement à l’occasion de la fête de l’Aïd, les personnes ont balancé tous les abats des moutons du balcon. L’APC nous a aidés durant plusieurs années en nous procurant du matériel et de la main-d’œuvre afin de nettoyer les lieux mais en vain, quelques semaines plus tard, il fallait tout recommencer. Maintenant, nous sommes fatigués de surveiller ces voisins qui manquent de civisme et qui se moquent de l’environnement de leur quartier». Inutile de préciser qu’un danger permanent menace la santé des résidents : maladies, prolifération des rats etc. Cependant, les problèmes  ne s’arrêtent pas là pour cette cité, tout a été vandalisé, les cages d’escaliers par exemple manquent de tout : éclairage défaillant, insalubrité, et des ascenseurs en panne depuis plus de trente ans ! Un cas unique quand on sait que chacun des cinq immeubles de la cité comprend 12 étages. «Personne ne veut cotiser pour réparer les ascenseurs mais le plus grave c’est que l‘intérieur même des ascenseurs sert à certaines personnes comme un dépotoir d’ordures», regrette cet habitant. Une catastrophe a d’ailleurs été évitée de justesse, nous assure-t-il, dans l’un des immeubles lorsque «Les sachets de poubelles  s’entassaient au fil des mois, une puanteur insupportable infectait les cages d’escaliers. Les poubelles se sont accumulées du rez-de-chaussée jusqu’au 2ème étage. Un jour des enfants ont allumé le feu et si ce n’était l’intervention rapide des pompiers, tout l’immeuble risquait de partir en fumée», dit-il. Une vue imprenable, des appartements spacieux,  la cité a tous les atouts pour devenir un quartier résidentiel mais le temps et surtout ses résidents ont fini par délabrer complètement les lieux. D’ailleurs la location d’un appartement ne dépasse pas les 15 000 dinars le mois alors que tout près, à la cité Bel Air, c’est quasiment le double.    Quant à l’autre face cachée de la cité, la honte pour certains, ce sont ces bidonvilles qui se trouvent à l’intérieur même des bâtiments, un cas unique à Constantine où, et au 13e étage des cinq tours, des dizaines de familles vivent depuis des années dans les buanderies aménagées des immeubles. On les appelle les bidonvilles aériens !
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