
Journée d'études intéressante que celle organisée jeudi dernier à Constantine par le bureau de wilaya de Constantine du Syndicat national des personnels de l'administration publique (Snapap).Intéressante non seulement par le thème retenu pour cette 7ème journée des cycles des conférences entrant dans le cadre de la formation continue des praticiens de la santé publique, à savoir «l'humanisation des hôpitaux», mais aussi par les méthodes pédagogiques utilisées par les conférenciers pour vulgariser en rendant compréhensibles des concepts aussi importants et difficiles.Aussi, le professeur Terranti Idris, médecin-chef en pédopsychiatrie à l'EPH psychiatrique « Dr Mahmoud Belamri de Constantine », établissement qui a abrité la journée d'étude, a donné une communication sur le thème qui a été très applaudie. « Il ne s'agit pas de n'importe quelle relation humaine entre le soignant et le malade qu'introduit le concept d'humanisation des hôpitaux », a commencé par expliquer ce praticien.Il attira l'attention de son auditoire sur le fait de considérer superficiellement que l'acte d'humanisation des hôpitaux se résume à décorer les locaux ou la devanture d'un hôpital, de donner un coup de peinture par-ci, un autre par-là, d'avoir des infirmières et des infirmiers habillés proprement, distribuant des sourires aux malades, etc. « Ce concept qu'on brandit aujourd'hui comme un slogan, dira l'orateur, repose fondamentalement sur la relation entre le médecin et le malade. On demande maintenant aux praticiens d'instaurer entre eux et leurs patients une relation « spéciale », empreinte d'humanité. Juridiquement parlant, cette relation met face à face un professionnel qui dispense des soins et un malade qui en demande, et le premier doit apporter au second une qualité de soins qui obéissent à des règles spécifiques, s'expriment à travers une éthique, une morale et des obligations ». Et de poursuivre en considérant que cette relation a fini, avec le temps, par devenir une relation contractuelle. « Auparavant, a expliqué le Pr Terranti, le malade ne pouvait rien faire et il se tait.Ce qui fait que les soignants ont les mains libres pour faire ce qu'ils veulent de lui. Mais maintenant, dans le monde moderne, les choses ont évolué vers une relation contractuelle où le malade est un partenaire qui a des droits. Et le premier de ces droits est le droit au respect.Ensuite, il y a son droit à l'information, à la réparation, etc. C'est ce qui oblige la personne ou l'institution qui fournit l'acte médical à être efficace. D'où une obligation de compétence et d'efficacité de la part de celui qui dispense les soins.En même temps de disponibilité du médecin à considérer le malade comme un être humain, c'est-à-dire de le respecter, de l'écouter, de lui poser des questions sur ses conditions de vie, sur son milieu familial, etc. Mais quand on s'adresse à des hopitaux où il y a des médecins, des infirmiers, des servantes de salles, des agents des administratifs, c'est tout ce personnel qui doit s'humaniser. Et ce n'est pas facile », a conclu le conférencier.Avec ça, le professeur Madoui Fatima-Zohra, chef de service dans le même établissement, est intervenue sur le thème de la « stigmatisation des malades mentaux », qui n'est pas un thème très différent de l'humanisation des soins. « Il faut être humain envers les malades mentaux et ne pas les stigmatiser. Après, on pourra bien les soigner ». Par stigmatisation, cette praticienne entend qu'il faut éviter de les marginaliser, de les mépriser, de les pointer du doigt.Et de s'étendre sur les nombreuses croyances populaires, les mythes qui sont accolés aux malades mentaux. « Ils sont possédés par le démon, donc dangereux, dit-on entre autres. Et on les enferme dans des asiles où ils sont mis sous bonne garde et abandonnés. Mais avec le développement des thérapies, ces derniers sont de mieux en mieux pris en charge. Mais, parallèlement, les croyances persistent ». Et de terminer en insistant sur le rôle des médias pour « déstigmatiser les malades mentaux ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Mallem
Source : www.lequotidien-oran.com