
Nasser HannachiLa notion du développement local continue de broyer du noir à Constantine. À la veille de la rentrée sociale la ville cumule d'énormes retards tous azimuts et hétéroclites. Embouteillages, gestion aléatoire des problèmes de circulation, routes fermées pour travaux...La liste des déboires demeure longue au point que la population s'indigne devant cet état chaotique et calfeutré sous l'alibi de l'exutoire «Constantine capitale de la culture arabe 2015». Le chef-lieu est ouvert à plusieurs fronts sans que les chantiers ne connaissent une progression palpable. L'amoncellement des maux s'intensifie de jour en jour. «C'est inexplicable cette histoire de réfection des parvis et quais. On a immobilisé toute une cité pour une histoire de replâtrage pour le moins anodine. Au lieu de s'attaquer aux vrais problèmes qui pourrissent le quotidien des citoyens, les gestionnaires abusent et frappent là vraiment où il ne fallait pas», estime un chauffeur de taxi désorienté par les courses trop longues qu'il assure au quotidien, en raison des multiples détours. «Le pavé de Belouizdad ne mérite pas un tel destin. Pour une fois que l'on a réussi à placer un pavé voilà que l'on procède au remue-ménage. C'est aberrant et on se demande vraiment si tous les urbanistes ont été conviés à cette ??lessive'' à ciel ouvert moyennant des milliards... Encore que le chantier est loin de satisfaire ses closes en matières de délais et la rentrée s'annonce avec ?'la galère'' qui fera partie de ce décor», renchérit un riverain. Ce fragment de ce qui se tisse à Constantine suscite beaucoup d'interrogations. Groggy, la population, qui a encaissé malgré elle les retards des chantiers a presque abdiqué à l'idée de voir une métropole métamorphosée comme consigné dans les assemblées, et croit ainsi peu en l'esquisse finale étant donné le facteur temps aléatoire, imparti à la livraison de tous les projets petits ou grands, de rafistolage ou de bricolage.Un autre désagrément persiste : il s'agit du boulevard de l'abîme. Un accès inéluctable pour se rendre au CHU Benbadis. Il est fermé à la circulation depuis plusieurs mois pour cause de glissement. Et l'ajournement des travaux se perpétue. Un cadre de la wilaya avait pourtant certifié il y a plus de deux mois que les études relatives à la réhabilitation sont achevées et il ne restait plus qu'à mettre en place un consortium efficace pour restaurer les lieux. La situation n'a pas changé d'un iota. Pis, l'avenue du 19-Juin, ce raccourci menant vers le CHU, la place Emir Abdelkader et la cité Ziadia, connaissent des réfections !La problématique liée à la circulation automobile s'est davantage corsée dans cette circonscription faute d'une feuille de route adéquate. Certains observateurs iront même à faire un flash-back apaisant, reconnaissant que la cité était bien aérée sans ces projets structurants qui n'ont pas provoqué l'effet escompté car «ils ont été livrés ?'conjoncturellement?' et sans être totalement achevés : le transrhumel est l'exemple disert. Inauguré en fin de Ramadhan dernier par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ce pont géant doit encore façonner ses pénétrantes et connexions menant vers Ziadia, les Castors, le Mansourah et Sidi Mabrouk, pour conclure son utilisation optimale. Au moins 8 mois de travaux sont requis pour parachever le linéaire manquant, attestent les gestionnaires des travaux publics. Alors que le tramway fait encore parler de lui après sa mise en service il y a plus d'une année -toujours pour le besoin amplifié des dates éphémérides- des travaux de réaménagements auprès des quais se poursuivent et viennent confirmer, on ne peut clair, le manque d'imagination et la fragilité des études précédant le mode opérationnel des rames, mettant par conséquent à rude épreuve les usagers automobiles.La capitale de l'Est n'a jamais vécu une saison estivale aussi perturbée et désorganisée que celle qui vient de prendre terme. Des lendemains meilleurs restent tributaires des injonctions et coordinations assurées par la sphère centrale en vue d'aplanir un atelier en «balbutiement». Sans compter les grands projets engagés dans le contexte de l'évènement de 2015. Revus pourtant à la baisse, quelques plans peinent à naître du sol et maintenir leur cadence. Constantine devra connaître des mois futurs, du moins fin décembre 2014, un rythme effréné pour honorer son engagement d'abriter la manifestation en question. Dure ligne droite...N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com