
A. LemiliLa manifestation culturelle internationale qu'accueille Constantine d'avril 2015 à avril 2016 devrait constituer pour les pouvoirs publics locaux, d'abord, et nationaux, ensuite, l'une des meilleures opportunités de jauger leur capacité de gestion d'un secteur essentiel dans la vie d'une cité, mais également celle de pouvoir y répondre efficacement sur le planfinancier et matériel. En somme, ce qui va se passer à Constantine, et le challenge attendu, devrait constituer une sorte d'expérience de laboratoire dont les résultats seraient communs à toute l'Algérie nonobstant forcément lesspécificités régionales géographiques et plus particulièrement topographiques.Par sa topographie particulière, sa densité urbaine, les conditionsexceptionnelles dans lesquelles va être plongée la capitale de l'Est devraient être à tout géographe, urbaniste, sociologue un cas d'école pour la politique générale du transport et encore une fois un test de la capacité des acteurs directement impliqués d'y répondre. Un vaste programme.Vaste programme effectivement compte tenu du capharnaüm existant déjà en la matière dans la ville des ponts avant que n'émerge l'idée même de son élection à la manifestation précédemment évoquée et un capharnaüm qui s'est surmultiplié avec la multitude de chantiers ouverts simultanément en un laps de temps très court pour répondre «présent» à son accueil dans des conditions favorables, ce qui est peu probable qu'il en aille ainsi. Il ne s'agit pas là de propos visant à faire un procès d'intention anticipé, mais le constat est là depuis bien du temps et dans une communication faite à l'occasion d'un évènement conjoncturel précis, M. T. Baouni, maître de conférence chercheur à l'Epau-Alger, pour ne pas le nommer, disait : «Les défaillances réglementaires et institutionnelles affectent l'encadrement de la planification urbaine en général et le transport urbain en particulier.» Bien entendu les détails de sa communication démontent point par point les démarches officielles jusque-là engagées en général dans l'urgence pour répondre à une demande tout autant urgente.En fait, au jour où sera donné le clap de départ de la manifestation culturelle, les Constantinois qui résident à hauteur du chef-lieu de commune, mais plus particulièrement ceux qui le sont à sa périphérie, vont certainement devoir affronter de réelles turpitudes en matière de transport non pas par la raréfaction de moyens, ce qui par ailleurs n'est pas à exclure et il y a des raisons précises pour expliquer cette éventualité, mais par l'anarchie qui va régner lors des déplacements des délégations de leurs lieux de résidence vers ceux des spectacles, leurs visites touristiques, les salles de conférences. Ce nouveau mode de vie sans modus vivendi établi avec la population va énormément affecter leur quotidien et rejaillir de fait sur les activités auxquelles celle-ci est attachée : commerçants, fonctionnaires, étudiants, particuliers, hôtes ponctuels (la ville est au centre de près de 10 wilayas aveclesquelles elle a une relation quasi ombilicale) de la cité et présents sur place pour des motifs qui n'ont aucun rapport avec la manifestation.Nous n'avons pas manqué de poser très précisément la question autour de ce sujet au principale concerné, en l'occurrence Bencheikh El Hocine Sami, commissaire général de «Constantine, capitale de la culture arabe 2015». Pour notre interlocuteur «...Il n'y a aucune appréhension à se faire et inquiétude à nourrir sur ce plan. Cet aspect de la manifestation a été étudié en haut lieu (comprendre les services ès qualité de la Dgsn et ceux du ministère de la Culture). Tout sera réglé comme une symphonie».Quant à l'aspect sécuritaire et aux inévitables désagréments que vontvivre les Constantinois au cours des chassés-croisés desdites délégations, Bencheikh El Hocine insistera encore une fois : «Je vous dis que tout a été étudié scrupuleusement, les Constantinois ne verront pas leur mode de vie affecté. Quant à la sécurité de nos invités, je peux vous assurer que tout a été prévu.» Bien entendu, ces propos n'engagent que leur auteur, mais il n'en demeure pas moins que son assurance, à la limite surjouée, risque d'être démentie comme l'ont été toutes les promesses sur lesquelles il s'était engagé avant que ne démarre officiellement la préparation de l'évènement. Quoiqu'il en soit, voilà ce que pensent Bennour Zakia et Salhi Salem, tous deux du Betu Alger, sur la situation à Constantine : «...Par ailleurs, la structure des transports ne répondant pas à celle des déplacements des usagers oblige ces derniers à effectuer plusieurs correspondances afin d'arriver à leur lieu de destination.» En plus clair, la noria de moyens de transports roulant dans tous les sens est plus que le talon d'Achille de la ville... sa plaie. Chaque jour que Dieu fait des pans entiers de la population sont laissés en rade chez eux et ne peuvent par conséquent rejoindre leur lieu de travail et inversement s'ils y arrivent ils ne peuvent en fin de journée y retourner dans un espace temps raisonnable pour ne pas dire y retournent dans un espace temps qui relève de l'irréel.Au jour d'aujourd'hui, à titre d'exemple, sur un trajet entre Aïn-Smara-Constantine (14km) et sur la même distance Khroub-Constantine tout usager, sauf impondérable en cours de route, peut réaliser le parcours en 10mn jusqu'au deux derniers kilomètres annonçant l'entrée du chef-lieu de commune. Ces deux derniers kilomètres seront parcours toutefois en plus de deux heures pour arriver au centre de la cité. Il suffit alors d'imaginer le désappointement desvisiteurs venant de la dizaine de wilayas précédemment évoquée et encore plus celle de tous les fonctionnaires, lycéens, étudiants qui rejoignent quotidiennement Constantine à partir des onze communes qui l'entourent. Or, l'essentiel des activités, notamment administratives, se fait au centre de la ville, l'ensemble des administrations y étant concentré.La réalité d'une bonne préparation de l'année sur le plan des transports sera vite connue, il suffira pour cela moins d'une semaine à commencer par le jour de l'inauguration où très certainement la majorité des voies d'accès à la ville seront bloquées pour le méga-spectacle de rue d'ouverture annoncé.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com