Constantine - Revue de Presse

Constantine au XXI ème siècle



Sans méconnaître ni sous-estimer les mérites et les efforts des commis de l'Etat, chacun à son époque, apportant sa modeste pierre à l'édification du pays, il faut admettre l'échec patent de la politique nationale de développement des villes et de l'aménagement du territoire, et particulièrement en ce qui concerne l'espace de Constantine. Réhabiliter cette dernière, dont le relief exceptionnel, l'histoire foisonnant de sites mémoriels et splendides, son rôle passé et contraignant de capitale administrative régionale, nécessite des appréciations et des projections qui requièrent de grandes compétences locales, des procédures de consultation et d'études transparentes et un débat contradictoire et démocratique. Force est de constater, que depuis l'Indépendance, ce « joyaux de la couronne », qui a bénéficié, sur le plan urbanistique, d'une grande attention de l'administration coloniale, se trouve abandonné entre les mains de pouvoirs qui ont brillé par leur amateurisme, leur incompétence ou leurs fantaisies, aidés dans cette entreprise de désordre, de paupérisation, de bradage du foncier et de mauvaise gestion du tissu et de l'espace urbain, par l'inconscience et la gabegie des élus, la corruption de la société civile, enfin l'absence totale, à tous les niveaux de la cité, d'imagination agissante et militante efficace pour mettre un terme à cette fatalité de la médiocrité. De ce fait, parler en 2009 de « projets structurants » pour de simples investissements, lesquels une fois achevés apporteront quelques améliorations dans la vie des citoyens, c'est mettre la charrue avant les b'ufs, car cette cité historique, pour recouvrer sa place de capitale régionale se doit d'investir, notamment dans la formation, la recherche, la connaissance, la création de technopoles pour drainer les industries de pointe en créant des pôles d'excellence dans les nouvelles technologies. En outre, l'économie de marché, voie choisie par le pouvoir, impose aux collectivités locales de ne plus se cantonner dans le seul rôle d'exécuteur comptable des subventions et des programmes sectoriels financés par l'Etat, mais de rechercher, mission plus noble et plus difficile, de nouvelles ressources par la création de bases économiques taxables et des emprunts auprès de banques, remboursables mais génératrices de nouveaux gisements fiscaux et parafiscaux. Pour atteindre cet objectif ô combien difficile après 47 ans de dégâts, l'on est en droit de rêver de projets structurants pluriannuels en prenant en considération l'ensemble des collectivités gravitant autour de Constantine pour créer, dans le cadre de syndicats intercommunaux, avec la participation de fonds privés nationaux et étrangers, des ensembles économiques et culturels d'envergure, dotés de toutes les infrastructures modernes et performantes pour répondre aux immenses besoins de la population. Un demi-siècle après l'Indépendance, le rôle de la wilaya, son exécutif, ses assemblées élues, ne peuvent continuer à se complaire dans le simple rôle de chefs de chantiers des projets de l'Etat en ânonnant continuellement l'état d'exécution, mais doivent se hisser au rôle qui leur est dévolu par la décentralisation et la déconcentration, en tant que centre de conception de programmes intégrés de développement et responsables de leur réalisation et leur gestion, dans la transparence, devant des instances compétentes.
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