'Il existe un trafic dans les pouponnières avec la complicité de l'administration. Des enfants sont emmenés à l'étranger, sous le couvert de la kafala, avec un dossier en bonne et due forme, et l'on ignore leur sort', a affirmé Me Fatma Zohra Ben Braham, lors du colloque international sur 'la kafala, entre religion et droit positif', tenu à Constantine.
Ce colloque s'est tenu lundi à l'université des sciences islamiques émir-Abdelkader de Constantine. La rencontre, qui a duré un peu plus de quatre heures, a connu des débats divers et houleux parfois entre les intervenants, dont Boudjemâa Ghechir, président de la LAADH, Fatma Zohra Ben Braham, avocate et présidente de l'Association algérienne de lutte contre le passé colonial. Cette dernière affirmera à ce sujet qu il existe un trafic dans les pouponnières avec la complicité de l'administration. Des enfants sont emmenés à l'étranger, sous le couvert de la kafala, avec un dossier en bonne et due forme, et l'on ignore leur sort'. C'est sous cet angle précisément que la conférencière indiquera que la convention européenne de 1993, ratifiée par nombre de pays musulmans, y compris l'Algérie, ne reconnaît plus la kafala, puisque celle-ci relève du droit musulman. Ceci est un danger, selon Me Ben Braham, qui place le sujet dans le contexte du conflit des religions, entre autre l'Occident, à travers des textes cités à l'occasion, reconnaissant le mariage gay.
Un avis qui n'est pas partagé par certains, à l'instar du président de LAADH, Boudjemâa Ghechir. Ce dernier niera l'existence d'une quelconque idée préconçue sur ces portées dangereuses. Selon lui, l'Algérie, à travers cette convention, s'inscrit dans l'objectif de protection de l'enfance. Du point de vue de la religion, le professeur Kamel Ladraâ fera la comparaison entre les religions monothéistes sur l'adoption et finit par reconnaître que l'islam est strict sur la question. 'La kafala est la seule option reconnue sans autres interprétations, puisque, selon la doctrine, l'islam sacralise la relation légitime qui est le mariage', dira-t-il. Par ailleurs, l'intervention de l'écrivain Mohamed Zerguine n'a pas manqué de susciter quelques réactions et une véritable réflexion, étant lui-même né sous X.
Auteur du livre Nés sous X, le conférencier reconnaîtra qu'il n'est ni juriste ni exégète pour approfondir des questions aussi sensibles, notamment quand il s'agit des textes du Coran. Mais il évoquera la question de la filiation de l'enfant né d'une relation illégitime, et dont les parents se marient après. Il demandera une réflexion, tout en se basant sur une fetwa de cheikh Hammani autorisant à donner le nom à l'enfant dans le cadre de la kafala, sans reconnaître la filiation bien sûr. Le statut de l'enfant abandonné, l'allègement du dossier pour les gens désireux d'adopter à travers la kafala, l'ajout de trois paragraphes dans les textes relatifs à donner le nom à l'enfant, une idée adoptée par le droit marocain, sauf que le livret de famille doit contenir des marges pour la kafala afin de montrer les détails sur l'enfant et qu'il ne soit pas affilié. Telles sont les recommandations de ce colloque même si, selon certains, les attentes étaient plus grandes.
NACER BEN
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com