
Depuis plus d'une semaine, les autorités locales, appuyées par les forces de l'ordre, procèdent dans le cadre d'une opération de grande envergure à la démolition des constructions illicites érigées dans plusieurs quartiers et cités de la ville de Constantine.Cette opération est consécutive à l'exécution du programme du président de la République portant sur l'éradication totale et définitive des bidonvilles et visant, par la même occasion, à récupérer les terrains qu'on peut considérer comme réserves foncières destinés à des aménagements urbains.Aussi, 164 habitations situées sur les sites Fellahi 1 et Fellahi 2 implantées à la cité Ziadia, et dont la construction était "relativement tolérée", sont passées sous le bulldozer. Les habitants de ces bidonvilles ont pourtant été relogés dans de nouveaux logements à la nouvelle ville Ali-Mendjeli, il y a quelques mois déjà.Ce sont leurs enfants, ou encore leurs proches parents, qui ont réinvesti les lieux pour pouvoir, à leur tour, bénéficier de logement social. Cet état de fait qui a tendance à se répéter à chaque opération de relogement, conjuguée à la manière dont ces dernières sont menées, révèle, à plus d'un titre, une politique urbaine incomplète. En effet, le programme en question consiste dans une première phase au recensement des habitants qui ont droit au relogement, vient ensuite la phase de la construction de nouveaux logements et la démolition au fur et à mesure des baraques. Aussi, selon les évaluations de ces dernières années, les bidonvilles ont bien été éradiqués. Cependant, à l'occasion des opérations de relogement mises en branle plusieurs années parfois après le recensement, les populations ont déjà beaucoup évolué.L'on citera, entre autres, le cas des habitants des quartiers du centre-ville, à savoir Souika, ou encore La Casbah, qui, faut-il le souligner, ont été recensés il a de cela plus de deux ans, et qui attendent toujours d'être relogés. L'autre facteur de l'échec de l'éradication "totale" du phénomène est le relogement des habitants dans des cités parfois très difficiles d'accès et éloignées des centres-villes, conçus dans la majorité des cas exclusivement à accueillir les habitants des bidonvilles, ce qui donne lieu à des inégalités sociales et culturelles menant, très souvent, à l'émergence de la violence. Cette situation a été constatée à plusieurs reprises à Constantine, à Ali-Mendjeli notamment où des bénéficiaires de nouveaux logements ont préféré retourner dans leurs anciens quartiers au risque même d'en être chassés par les autorités.L N.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lynda Nacer
Source : www.liberte-algerie.com