Constantine - A la une

Comment bouleverser les habitudes des commerçants '



Comment bouleverser les habitudes des commerçants '
Il n'est pas aisé de trouver un restaurant ou un café ouvert le soir à Constantine. Il y a une semaine, le bureau local de l'Union générale des commerçants algériens (UGCAA) de Constantine avait adressé une correspondance à tous les commerçants du centre-ville pour les inciter à assurer une permanence jusqu'à 22h. Une initiative qui vise à raviver l'ambiance nocturne d'antan dans le cadre de la manifestation « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 ». En contrepartie, les commerçants, en particulier les restaurateurs et les cafetiers, auront des garanties quant au transport et à la sécurité. Cette opération pilote a commencé officiellement samedi dernier. Une tentative qui, à première vue, est timidement suivie, car il est difficile de bouleverser les règles de l'activité commerciale comme nous l'explique Omar, propriétaire d'une boutique spécialisée dans les produits cosmétiques. « Nous avons reçu, en effet, une correspondance émanant de l'UGCAA, et bien avant, de la wilaya. J'avoue que je reste plutôt sceptique quant à la réussite d'une telle initiative. Rien ne nous oblige à veiller jusqu'à 23h ou plus, surtout que les clients ne se bousculent pas à une heure aussi tardive. Ils devraient peut être commencer par convaincre les restaurateurs, les crèmiers et les cafetiers. Je pense qu'il faudrait profiter de l'année culturelle durant les mois de Ramadhan et l'été en organisant le maximum de soirées pour relancer et généraliser l'activité commerciale nocturne », dira-t-il. Un retour sur scène est nécessaire pour constater de visu le triste visage de la ville. Nous sommes, en ce dimanche, à 21h30, près de la grande poste, en haut des allées Benboulaïd. Les arbres, décorés au LED, illuminent et embellissent tout le boulevard, tout comme les façades du palais de la culture El Khalifa et, en face, la chambre d'agriculture. Pendant que les services de l'APC s'empressent de terminer le nettoyage des rues, quelques promeneurs déambulent à travers les rues désertes. Des voitures sont stationnées ici et là, et il est très rare de croiser des familles. Plus bas, à la Place des martyrs, des jeunes, attirés par la stèle en bronze récemment installée, sont en train de prendre des photos. En face de la Grande poste, la Place de la brèche abrite une demi-douzaine de cafés qui disposent chacun d'une magnifique et grande terrasse. A cette heure-ci, tous les cafés sont fermés. La ville de Constantine ne donne pas l'impression qu'elle est, depuis le 16 avril dernier, capitale de la culture arabe. La vie nocturne est insignifiante. Pourtant, les autorités n'ont pas lésiné sur les moyens pour changer les choses et ranimer une ville où les habitudes casanières restent a priori inchangeables. Les autorités tablent sur l'animation durant l'année culturelle arabe et, pour cela, tout le système d'éclairage du centre-ville a été réparé, tandis que la sécurité a été renforcée ces dernières semaines. Il y a quelques jours, le commissaire de la manifestation « Constantine capitale de la culture arabe 2015 », Samy Bencheikh El-Hocine, nous déclarait à ce sujet : « Nous avons sciemment organisé des spectacles, des pièces de théâtre et des concerts de musique à partir de 20h. Nous voulons ainsi créer une dynamique et relancer la vie nocturne. Si on commence à faire cela, je pense que nous allons réussir à faire bouger les choses. Ça fait 20 ans que j'ai quitté Constantine et j'ai laissé une autre ville, plus animée, et il y avait un niveau de conscience extraordinaire. C'est ce que j'aimerais revoir ». En attendant le lancement effectif de la programmation de soirées musicales et théâtrales, il n'existe qu'une seule rue au centre-ville où on trouve un soupçon d'animation. L'avenue Aouati-Mustapha (route de Sétif) abrite depuis des années trois gargotiers et un café qui assurent un service 24h/24, en plus des taxis clandestins qui sont stationnés tout le long de la rue. « C'est vraiment désolant de se promener à 22 heures et de constater qu'il n'y a pratiquement personne. Pourtant, j'ai remarqué la présence de policiers, le centre-ville est bien éclairé et bien aménagé, il ne manque que les commerces et les clients pour animer la ville. Je regrette aussi qu'une ville comme Ali Mendjeli qui, il y a quelques années encore, avait une réputation de ville dangereuse, soit plus animée que Constantine. Les restaurants et les cafés restent ouverts. On peut même avoir du pain chaud à 21h. Ce que je constate aussi c'est l'absence totale des moyens de transports. Hormis les clandestins, il n'y a aucun moyen de rentrer chez soi à une heure tardive. Le tramway n'assure toujours pas le service de nuit, le dernier départ est à 22h », nous assure un citoyen, d'une cinquantaine d'années, accompagné de deux amis. Espérons enfin que la programmation culturelle nocturne, prévue au palais de la culture El Khalifa, au palais d'Ahmed Bey, ainsi qu'au théâtre, à partir de cette semaine, va bousculer les habitudes et permettre aux familles de profiter des soirées estivales.


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