Après la décision prise le 23 mars dernier portant dissolution de leur entreprise (décision qui leur a été communiquée quatre mois plus tard), les 6O travailleurs de l'unité de Constantine de l'Entreprise nationale d'approvisionnement en équipements professionnels et collectifs et d'applications techniques (ENAPAT) se sont retrouvés sans le sou, à la veille de la célébration de l'Aïd El-Fitr. Ils viennent de tenir avant-hier un sit-in devant leur entreprise, et s'apprêtent à en tenir un autre demain mardi, pour protester contre cette décision qu'ils estiment «économiquement infondée et aberrante».
Les membres de la section syndicale et à leur tête M. Aboud Djamel, secrétaire général, nous ont contactés pour faire part «du désarroi de ces travailleurs qui ont frappé à toutes les portes, de la présidence de la République à la chefferie du gouvernement en passant par la centrale syndicale de l'UGTA», pour protester contre la dissolution de leur entreprise et demander des explications, tout en tentant désespérément d'en obtenir la sauvegarde ou du moins sa rétrocession aux travailleurs dans le cadre des dispositions réglementaires relatives à la reprise de l'entreprise par les salariés, mais en vain. Ils ont reçu les décisions de licenciement le 3O septembre dernier, avec à l'appui une note du directeur général adressée aux unités spécifiant que «les indemnités (STC y compris) seront prises en charge par les services des domaines».
Mais ils n'ont pas été payés pour le mois de septembre et revendiquent, dans le cas où la décision de dissolution est irrévocable, «le paiement rapide de 3O mois de salaires pour solde de tout compte». «Pourtant, insistent nos interlocuteurs, le président du conseil d'administration aussi bien que l'UGTA ont reconnu que notre entreprise ne mérite pas la dissolution», ont déclaré les représentants des travailleurs. «Nous avons un plan de charge consistant qui nous permet de travailler normalement pendant deux à trois ans. Notre unité avait signé avec le ministère de la Justice un contrat d'une valeur de 2O milliards de centimes... Notre unité, comme les autres d'ailleurs, n'a jamais eu de problèmes financiers : salaires payés dans les délais, absence de dettes... Pourquoi a-t-on alors décidé de la dissoudre ?», s'interrogent les contestataires. Et d'ajouter : «Ce créneau est encore vierge de toute concurrence et recèle un gisement d'activité insoupçonnable».
Enfin ils déclarent avoir convenu avec les représentants syndicaux des autres unités de l'entreprise de se rencontrer samedi prochain à Alger pour «remettre encore une fois, à qui de droit, le mémorandum contenant nos protestations et nos revendication, et nous concerter et définir les moyens de poursuivre la contestation». Contacté, le directeur de l'unité de Constantine, M. Lassis, n'a fait que confirmer la décision de dissolution. «Tous les travailleurs étaient au courant de la résolution n°1O du 23 mars dernier prise par le CPE, confirmée en date du 3O mai et avalisée par l'assemblée générale extraordinaire du SGP Indelec qui a fixé la date du 3O septembre pour son application», affirme notre interlocuteur.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Mallem
Source : www.lequotidien-oran.com