
Les 11 commerçants avaient conclu une indemnisation de l'ordre de 240 millions de centimes.Des altercations verbales ont éclaté hier, entre les services de police et des commerçants propriétaires de locaux au niveau du quartier Bardo de Constantine. Un quartier qui a été complètement vidé de ses habitants, non sans peine puisque durant un certain temps, la ville avait enregistré plusieurs manifestations allant jusqu'à des affrontements violents. Aujourd'hui encore, ce quartier fait couler beaucoup d'encre, notamment du fait que les commerçants protestataires jugent avoir été trompés par les autorités qui devaient récupérer l'espace des locaux pour utilité publique, alors que finalement, il s'avère qu'il ne s'agit plus de la réalisation d'un axe routier comme il a été signifié aux propriétaires des commerces, mais de l'extension de l'hôtel Cirta. En effet, les espaces récupérés serviront à la réalisation d'une barre de piscine pour le fameux hôtel en pleins travaux de réhabilitation, ce qui a suscité la colère des commerçants qui ont manifesté leur désapprobation quant à la gestion du dossier par les autorités.Il n'ont pas manqué d'envahir les alentours devant un renfort de police. Ces derniers ont reçu pour mission de geler les commerces au nombre de 11, avant leur démolition. Les manifestants accusent les autorités de n'avoir pas respecté les clauses convenues, notamment la loi, jugeant leur comportement d'abusif. Les 11 commerçants avaient conclu une indemnisation symbolique de 240 millions de centimes, croyant répondre à un projet d'intérêt public en échange d'autres locaux commerciaux de 150 m2 à 600 millions de centimes, sachant qu'un mètre carré au niveau d'Ali-Mendjeli coûte entre 12 et 14 millions de centimes, on imagine mal qu'un commerçant avec une indemnisation aussi dérisoire puisse reprendre ses activités. Les protestataires ont accusé l'administration de toutes les tares, dont essentiellement le mépris affiché à l'encontre des propriétaires qui s'estiment pour la plupart lésés par les pouvoirs publics, brandissant la menace d'empêcher le gel et la démolition de leurs propriétés sans une indemnisation correcte. Pour rappel, avant le projet de délocalisation des commerçants, les dernières familles avaient été orientées vers d'autres demeures; cela remonte à 2013. L'opération avait ciblé les familles occupant des habitations donnant sur le pont de Sidi Rached, sous prétexte de l'élimination des poches de précarité situées en dehors des sites des bidonvilles recensés. L'opération de relogement a été aussitôt suivie par la destruction des habitations. Il est prévu la réalisation d'un grand espace vert qui devait être le poumon de la ville, notamment pour Constantine capitale de la culture arabe, or on n'a rien vu de vert à ce jour, mais juste un espace qui agresse les yeux et où la saleté revient au galop à chaque fois. Même la gare routière située à proximité qui vient de reprendre ses services après des travaux devient une grande décharge à ciel ouvert.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ikram GHIOUA
Source : www.lexpressiondz.com