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Cités universitaires : ces porteuses de jerricansEtudiant : les autres articles



Cités universitaires : ces porteuses de jerricansEtudiant : les autres articles
Des étudiantes contraintes pour leur hygiène d'aller puiser l'eau en dehors de la résidence universitaire. Munies de toutes sortes de contenants, elles vont à la mosquée d'en face pour s'approvisionner de ce précieux liquide devenu un luxe. Un exercice presque quotidien pour ces étudiantes qui ont remplacé le cartable par le jerrican.-Constantine : quand l'eau devient un luxe
Ce n'est pas un roman, mais bel et bien une réalité vécue par les étudiantes de Constantine. En file indienne et armées de jerricans, elles font un va-et-vient incessant entre la résidence et la mosquée d'en face. Cela rappelle un temps «presque révolu» où les femmes des dechras s'approvisionnaient à la source. «Cette situation nous renvoie plusieurs décennies en arrière», ironise Sanaâ, 24 ans, en cours de préparation du concours de doctorat en sciences islamiques.
Les jeunes filles se ravitaillent quotidiennement juste pour assurer le minimum d'hygiène corporelle et de l'espace vital. Pas après pas, balançant sous le poids écrasant des fardeaux, n'ayant même pas le temps de respirer après les cours, ces étudiantes se suivent sous le regard inquisiteur d'une administration «négligente» ou «impuissante», cela dépend des visions des étudiantes. Une fois rentrées dans leurs chambres, elles entament le ménage. «Nous devons faire le ménage sinon nous vivons dans la saleté», témoigne encore Sanaâ. Le manque d'eau dont souffrent les résidentes du pavillon «F» de la cité universitaire Nahas Nabil est devenu un problème épineux et préoccupant. Même si ladite citée est située pourtant au plein centre-ville de Constantine.
A contrario, en face, se trouve la mosquée El Emir, le magnifique temple de la spiritualité à l'architecture fascinante, où l'eau coule à flots. Des résidentes, étudiantes en sciences islamiques, se livrent à une grande corvée pour disposer de ce liquide précieux. C'est un autre souci qui vient s'additionner aux différentes préoccupations du quotidien de ces jeunes filles. «Cet endroit est tout sauf une résidence où nous pouvons nous détendre», dira une étudiante.
BLOC F
«La dernière chose qui devrait être indispensablement présente est quasiment inexistante», se lamente Houria, 21 ans, une étudiante en sciences islamiques, résident dans le même bloc «F». Dans les vestiaires, la crasse et la saleté reflètent la sécheresse endémique des robinets. On a l'impression qu'on met le pied dans une décharge publique. «C'est tellement sale qu'on a peur d'attraper des maladies infectieuses», désespère encore Houria. Cette préoccupation de santé publique, la B.A-BA de l'hygiène et la crainte d'attraper des maladies ont poussé les étudiantes à aller se procurer de l'eau de la mosquée El Emir qui se trouve à quelques mètres.
«C'est notre quotidien de forçats, nous sommes obligées de nous approvisionner en eau à partir de la mosquée», se plaint Hind, 20 ans, étudiante en 2e année en sciences islamiques. Si des étudiantes censées être les futures porte-flambeaux du savoir sont privées des besoins les plus élémentaires et indispensables dans le quotidien d'un être humain, la vie estudiantine dans la cité Nehas Nabil est loin d'être normale, si l'eau, la source de la vie se fait désirer. «nous ne pouvons pas étudier dans des conditions pareilles, cela nous épuise, nous vivons dans le désarroi», déplore Houria. Sur ce dernier appel de désespoir, nous quittons ces jeunes résidentes, les laissant à leur rude quotidien, espérant que leur situation s'améliore, vu que l'administration leur a promis un transfert vers une autre résidence universitaire digne de leur statut d'étudiantes.
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