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Cité HLM : un relogement qui tarde à venir



Cité HLM : un relogement qui tarde à venir
S'il existait une décoration de la constance, elle serait, sans aucun doute décernée aux habitants de la cité HLM du chef-lieu de la wilaya de Tipasa. Un assortiment de logis, campé non loin du siège de la wilaya, dont les bâtisses, construites dans le cadre du fameux Plan de Constantine déclenché par les autorités coloniales pour séparer la population algérienne du FLN, en 1958.
En raison de l'état de délabrement de la cité, les autorités de la wilaya de Tipasa avaient, au tout début de la décennie écoulée, décidé de recaser, dans de nouveaux logements édifiés non loin de là, les quelque 200 familles qui y demeuraient. Déjà en 1991, suite aux intempéries qui ont touché l'Algérie, les inondations au niveau de cette cité ont incité les responsables à un haut niveau de déclencher une opération de recensement au profit des sinistrés, campagne, faut-il le souligner, lancée alors par le regretté Mohamed Boudiaf. A cette époque, les locataires de cette cité ont tous eu une carte de sinistré et devaient être recasés les premiers. A la fin de l'année 2002, une première vague constituée de 70 familles quitte les lieux. Ce que contesteront les autres familles, aux allégations, justifiées, il faut le dire, pour toute personne les ayant visitées, que les logements qui leur sont proposés sont de véritables «cages à poules». Un avis sur lequel finiront, d'ailleurs, par s'aligner les autorités de la wilaya tant l'exiguïté desdits habitations est manifeste. Dans la démarche, celles-ci s'engagent à bâtir dans le cadre du programme de résorption de l'habitat précaire (RHP) de nouveaux logements. Ce qui est fait depuis, au moins, une année. En mars 2011, les responsables du comité du quartier ont été, en effet, avisés par les autorités de la daïra de Tipasa de l'imminent du recasement des familles de la cité HLM et du passage d'une commission communale chargée de procéder au recensement des familles. Une commission qui a eu fort à faire du fait, nous a-t-on précisé, selon les responsables dudit comité de quartier, «de la présence dans la cité de familles qui n'y habitaient pas à l'origine et qui s'y sont installées en y édifiant illicitement de véritables taudis, en vue de bénéficier du recasement programmé». Le résultat de cette présence a été le report sine die de l'opération, au grand dam des familles qui attendent depuis presque dix années de voir leur calvaire prendre fin. Et qui, au jour d'aujourd'hui, attendent toujours, et ce, dans des conditions de plus en plus difficiles qu'illustrent précisément l'éclatement, en maints endroits, du réseau d'assainissement de la cité et la périlleuse multiplication de rongeurs et de reptiles. Une prolifération qui n'est pas sans la survenue, de temps à autre, de cas de morsures. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit dans la nuit du dimanche 8 juillet au lundi 9 juillet quand une dame âgée a été mordue alors qu'elle était endormie par un rat. Révoltés, les habitants de la cité HLM ont délégué, en urgence, dans la matinée d'hier, plusieurs habitants, dont des femmes, auprès du wali de Tipasa et du chef de daïra, chargés, nous a déclaré le président dudit comité de quartier, de les informer, pour reprendre ses propos, que «la coupe de (leur) patience est pleine» et qu'il y avait «urgence à ce que leur recasement se fasse dans les plus brefs délais». Plus explicite, il a tenu à nous déclarer que les membres du comité qu'il préside «ont eu toutes les peines du monde à calmer la colère des jeunes de la cité qui voulaient carrément sortir dans la rue pour faire entendre leur voix...» Pour en revenir à la délégation susmentionnée, qui a été reçue au niveau de la wilaya par le chef du cabinet du wali, il semble que les résultats auxquels elle a abouti soient en-deçà des attentes de ceux qui l'ont envoyée. «Elle n'est revenue qu'avec de vagues promesses d'un prochain recasement», nous a précisé notre interlocuteur. «Vagues», parce que, a-t-il poursuivi, «les responsables qui l'ont reçue n'ont pas voulu s'engager, comme il leur a été demandé sur une date précise... » Une affaire à suivre.
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