C?est déjà la fête pour le « oui »
La fête a déjà commencé à Chlef car les organisateurs n?ont aucun doute quant à l?issue du scrutin. Et certains ont même pronostiqué un taux supérieur à 90% de oui. Un long cortège de véhicules ont, hier en fin d?après-midi, sillonné la ville pour annoncer la couleur aux sons de la derbouka, du saxo et de la zorna. Dans la soirée, un gala artistique non-stop était programmé sur l?esplanade attenant au musée régional de Chlef. La première manifestation serait l??uvre de la « société civile », tandis que la seconde a été organisée par le comité des fêtes de la ville. L?ambiance festive est donc annonciatrice d?un large score que les défenseurs de la charte pour la paix et la réconciliation nationale ont déjà prévu lors de leurs récentes interventions publiques dans le cadre de la campagne référendaire. Même les voix discordantes risquent d?être noyées dans le raz- de-marée attendu et pour lequel on ne se fait guère d?illusions. Poux rappel, Chlef figure parmi les régions les plus touchées par le terrorisme : elle compte pas moins de 5 000 victimes civiles, 25 000 orphelins et des centaines de disparus. Selon des chiffres recueillis auprès de certaines sources crédibles, ils sont les premiers concernés par la question, mais ils n?ont pas eu droit à la parole au niveau des médias lourds. Comme il fallait s?y attendre, les pouvoirs publics ont mobilisé pour ce scrutin d?importants moyens humains et matériels, dont 10 510 encadreurs, répartis entre 284 centres de vote. Ceux-ci devraient accueillir 533 728 électeurs dont 13 990 nouveaux inscrits durant la révision exceptionnelle des listes qui a eu lieu du 17 au 24 août dernier. Dans les rues de la ville, l?ambiance est tout à fait ordinaire ; les gens se pressaient surtout pour faire le « plein » en matière de carburants et de denrées alimentaires. Les citoyens vaquent normalement à leurs occupations et les rues, comme les cafés, ne désemplissent jamais. A croire que tout le monde ici est au chômage. La même ambiance prévalait dans les zones rurales et les coins reculés où le terrorisme a fait des ravages des années durant, à l?image de Talassa, Beni Bouattab, Sendjas, Ouled Ben Abdelkader, Ténès, Sidi Akkacha et Ouled Farès. Néanmoins, que ce soit dans les villages ou les zones urbaines, les mots accrocheurs « paix et réconciliation nationale » semblent les seules motivations des gens s?apprêtant à voter. Personne, donc, n?est contre « essilm » et ils veulent « ouvrir une ère nouvelle » en adhérant à la charte, même s?ils n?ont pas lu son contenu ni cherché à connaître ses objectifs et ses principaux bénéficiaires. Cependant, concernant la démarche, les avis au sein de la société restent très partagés : les victimes du terrorisme réclament leurs droits sociaux légitimes, alors que les proches de disparus exigent de connaître la vérité sur le sort de leurs enfants ou époux enlevés. D?autres citoyens ne perçoivent pas encore la signification pleine et entière de la réconciliation imposée par le pouvoir du moment que celle-ci ne prend pas encore en charge les effets de la crise sur les plans social et économique.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A. Yechkour
Source : www.elwatan.com