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Ces ateliers artistiques qui ne voient pas le jour... Les vacances entre anxiété et manque de distractions à Constantine



Ces ateliers artistiques qui ne voient pas le jour... Les vacances entre anxiété et manque de distractions à Constantine
Photo : Riad
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi

C'est parti pour une quinzaine de jours de repos au profit du monde scolaire, après un trimestre chargé. C'est une occasion pour certains de remonter la pente et de rattraper un éventuel retard dans le cursus. Mais avec un relâchement pour s'en remettre un tant soit peu du rythme endiablé de la scolarité et ses programmes surchargés. Cette halte est aussi une occasion de se lancer à la découverte d'autres matières pédagogiques ou disciplines artistiques afin d'étoffer son savoir par passion ou par curiosité, car certains enseignants demandent aux élèves de produire des minis projets durant ces deux semaines de vacances.
Si pour quelques parents les vacances sont synonyme d'évasion, d'autres y voient une aubaine pour combler les lacunes de leurs enfants. Les classes d'examens ne sont généralement pas concernées par ce repos. «Mon enfant doit travailler d'arrache-pied et réviser ses cours pour entamer le dernier trimestre dans des conditions confortables avant les examens de fin d'année», souligne une parente qui dit ne pas être trop attirée par les arts en cette année de transition cruciale, du moins pour ces vacances de printemps. De plus, les parents comptent mettre un bémol pour les sorties de leurs enfants aux abords des cités en raison du climat d'anxiété qui s'est abattu depuis quelques jours dans les espaces publics.
La tragédie de la nouvelle ville Ali-Mendjeli laisse ses séquelles' Ibrahim et Haroun reviennent aux quotidiens sur les langues. Toutefois, cela ne devrait pas empêcher les institutions publiques d'enclencher leurs plannings d'animations avec le théâtre et ses journées du printemps au profit des enfants, question de contenir leur psychose et leur désarroi.

Initiation d'un jour
Mais rien de tel. Les ateliers de formation et d'initiation font cruellement défaut.
Ni le Palais de la culture Malek-Haddad ni le Musée Cirta ou le Palais du bey n'ont prévu d'accueillir les enfants dans le cadre d'un programme établi. Pourtant, le désintérêt manifesté par le secteur privé à enrichir le panorama des arts, aurait dû amener le secteur public à être plus offensif et imaginatif. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps, surtout si l'on sait que l'apprentissage reste le talon d'Achille au niveau des structures étatiques. Une maigre initiation y est engagée. Les enfants se contentent de voir sans bénéficier de séances de lecture ou d'initiation aux arts cinématographique, plastiques, musical'. Les manifestations sont organisées avec une perspective purement «quantitative».
«Actuellement la ville dispose de plusieurs actions en faveur ce cette frange juvénile au niveau des établissements étatiques. Mais l'enfant a besoin d'apprendre et de pénétrer les arts non de les effleurer le temps d'une séance. C'est ce qui manque à Constantine», témoigne un parent. «L'initiation d'un jour ne pourra attirer l'enfant dans le monde artistique», renchérit un animateur. Le Théâtre régional de Constantine (TRC), malgré les moyens disponibles, ne parvient pas à mettre sur pied une équipe formatrice faute de ressources humaines qualifiées. A maintes reprises, le directeur de cette institution, M. Ramdani, nous a fait part de cette carence.
«Les ateliers de formations manquent.
Le TRC a besoin de régénérer sa composante avec d'autres prouesses. Il faut qu'il y ait une nouvelle dynamique pour un essor performant du théâtre», affirmait-il. Les associations locales versées dans cette discipline ne peuvent malheureusement répondre aux besoins artistiques de tous les enfants faute de moyens notamment.
Et celles qui exercent s'illustrent conjoncturellement. C'est dire que la notion d'apprentissage artistique n'est pas sujette à une action pérenne à Constantine.
Reste les éternelles associations musicales qui sont les seules à assurer une formation continue leur permettant de constituer la relève, mais ce ne sont pas tous les enfants qui pourraient y décrocher une place. Il y a aussi le Conservatoire qui forme ses élèves dans différents créneaux de l'art musical.
Meubler ses vacances en s'initiant aux arts est désormais le défi à relever pour permettre aux enfants de toucher du doigt l'art et de découvrir le monde de la culture. C'est d'autant plus nécessaire en ces temps d'inquiétude qui plane sur Constantine et tout le pays.
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