Il aura fallu énormément de temps et un énième ministre de la Santé pour que l'Etat se décide enfin à accorder plus de considération au drame que vivent les personnes atteintes du cancer. Cependant de là à jurer que celui-ci sera sérieusement pris en charge il y a un gué qu'il serait pour le moins prématuré de franchir. Toutefois, il n'est pas question non plus de tirer sur l'ambulance et donc autant souligner que le seul fait d'avoir consacré une réunion interministérielle importante par le nombre, la nature et la dimension des départements concernés, le dossier ne risque plus de passer inaperçu et que, pour au moins l'un de ces acteurs essentiels, en l'occurrence le ministre de la Santé, il ne pourra plus être question de rétropédalage en ce sens que la barre est désormais hautement placée à tel point qu'elle le confine par conséquent irréversiblement sous les feux de l'actualité. L'été de l'année 2012, même si l'expression peut ne pas sembler dans son conteste, a été -bénéfique» pour tous ceux qui souffrent de cette pathologie. L'hypermédiatisation parfois jusqu'à l'hystérie des souffrances qu'ils enduraient n'aura pas été vaine et surtout juste parce qu'elle a démasqué dans la foulée bien des imposteurs planqués dans l'ensemble de la chaîne hiérarchique d'un département qui n'a pas seulement renié ses responsabilités mais, plus grave encore, n'a, à aucun moment, jugé utile de porter assistance à personnes en danger. Cette médiatisation l'a été heureusement aussi grâce à des éléments dont il ne faut pas occulter le poids important dans ce qui sans exagération est qualifiable de lutte contre l'indifférence des pouvoirs publics, en l'occurrence les personnels -médical et paramédical' et, exceptionnellement, quelques grands noms de l'oncologie qui n'ont pas hésité à mettre en jeu leur statut, quitte, pour cela, à faire l'impasse sur une situation qui pourrait être des plus confortables.
Aujourd'hui, cette avancée en le domaine est incontestablement formidable dés lors que les malades pourront bénéficier en plus de l'assurance de disposer des médicaments et autres antalgiques auprès des pharmacies, de leur prise en charge sociale tout en évitant des déplacements, en général infructueux et, souvent, sources de brimades et réactions dévalorisantes au niveau des structures chargées de leur traitement.
Les bonnes nouvelles venant les unes après les autres à l'issue de ce Conseil interministériel, il semblerait également qu'en matière de radiothérapie laquelle constitue en fait le talon d'Achille des structures ad-hoc des CHU, une action allait être entreprise avec deux fabricants d'accélérateurs linéaires pour assurer d'une manière régulière la maintenance des équipements. La défaillance à ce niveau est phénoménale eu égard à l'absence de maîtrise des voies et procédures de passation des marchés et du respect mutuel des conventions qui en découlent avec le partenaire étranger.
Au cours des Journées internationales de l'oncologie, tenues récemment à Constantine, le Pr. Bouzid avait annoncé le nombre de 40 000 nouveaux cas de cancer par année lequel grimperait à 45 000 à partir de 2015. Ce qui, malheureusement, n'est pas rien. Pour leur part, les associations font état de «8 000 malades sur 28 000 qui accèdent à la thérapie après une attente souvent interminable» ce qui est corroboré par les propos des médecins du centre anti-cancer du CHU Constantine qui affirment que «l'attente est telle qu'une grande partie de ces malades meurent ».
Il ne reste désormais plus qu'à croiser les doigts, croire en tout ce qui a été dit et retenu au cours de ce Conseil interministériel et espérer que le changement soit là et bien là.
A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com