De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Naïma Salhi, la présidente du Parti de l'équité et de la proclamation, a animé un meeting au Palais de la culture Malek-Haddad au cours de la matinée d'hier. En fait, du meeting dans lequel elle se serait étalée sur son programme, celle-ci a préféré faire un constat très rapide de la situation et dire très succinctement les solutions tout en jugeant plus judicieux d'orienter l'assistance sur la lecture de son programme «disponible dans les locaux du parti» et distribué en la circonstance au public présent.Elle soulignera les qualités d'une cité millénaire dont celle, essentielle, de ville rebelle, compte tenu de la réputation de ses habitants à être rétifs aux élections et de leur rejet de tout suivisme politique en se basant toutefois sur leur respect des valeurs morales, soubassement de la pensée de Ben Badis, ce âlim que le PEP considère comme le père spirituel du choix politique de ses membres fondateurs. Plutôt indigent et, autant le dire, presque réplique du reste des discours des autres partis politiques lilliputiens dont l'objectif est surtout de capter l'attention des citoyens en ressassant leurs préoccupations quotidiennes tout en soutenant, dans la foulée, l'idée de disposer de solutions miracles, à même de mettre un terme à un désespoir qui dure depuis l'éternité.Si les causes du mal de vivre des Algériens sont connues : marginalisation, hogra, corruption, insécurité, chômage, les moyens de les dépasser sont fournis tel un pain bénit par l'oratrice, parfois relayée par ses collaborateurs dans une sorte de questions-réponses avec le public. Un florilège tel que : «L'Etat est riche incontestablement, il n'y a pas de raison que le peuple ne le soit pas également. C'est pour cela que nous proposons une répartition équitable de la rente pétrolière» ou «l'insécurité ' Il y a des moyens d'y mettre un terme, est-il normal de laisser désarmé un policier chétif face à des voyous musclés et lui interdire de recourir à des balles ' (sic)», et en réponse à une question sur le délitement de la société et l'irrespect des valeurs morales que tout le monde semblait attendre, Naïma Salhi prônera «la fermeture des bars, c'est l'une de nos plus grandes préoccupations quoique l'on nous ait toujours brandi le fait que cela relevait du religieux et que nous n'avions pas le droit d'en parler. Or, nous ne faisons que faire référence à une disposition constitutionnelle qui veut que l'Islam est la religion de l'Etat». L'idéologie du PEP «ne s'inspirant par voie de conséquence que du Coran tout en évitant tout extrémisme et en prônant un juste milieu, autrement dit la tolérance». S'agissant de la femme, et surtout de la femme au foyer en tant que contributrice au développement national, le PEP disposerait de la solution miracle : «Toute femme au foyer, parce qu'elle a un rôle multiple, aura droit à un salaire au même titre que n'importe quel autre salarié, une couverture sociale et la retraite. Il ne faut surtout pas occulter le fait que les femmes représentent plus de 50% de la population et partant de l'électorat.» Le système scolaire tel qu'il est actuellement subira les foudres de la présidente
du parti : «Au lieu de construire des prisons pour y enfermer ceux qui sont victimes d'échecs scolaires, la solution serait de multiplier les établissements et faire en sorte de mettre fin à la promiscuité dans les salles de classe.» Enfin, elle insistera sur tout rejet du boycott des prochaines élections en ce sens que «la rupture ne viendra pas en boycottant les législatives du 10 mai. Le boycott ne confortera que la présence et l'incrustation de ceux qui ont depuis longtemps lancé une OPA contre la liberté, la démocratie et le bien-être des Algériens».Concluons enfin sur une réalité : le public ne s'est pas déplacé nombreux et il se trouvait, dans l'immense salle du Palais de la culture Malek-Haddad, moins de deux cents personnes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com