Photo : A. Lemili
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien, Amara Benyounès, en fait sans doute trop à trop marteler son attachement, voire sa dévotion, au président de la République. Il considère que l'actuel chef de l'Etat reste le meilleur garant de la démocratie en Algérie.Le SG du MPA était donc à Constantine dans la matinée d'hier, où il devait rencontrer, pour la première activité majeure du parti après les élections de novembre dernier, l'ensemble des élus de l'est du pays (15 wilayas). En bon tribun connu, il conditionnera très vite son auditoire en faisant revendiquer au MPA le statut de troisième force politique du pays, dénonçant dans la foulée l'attitude négative et les médisances de quelques autres responsables de formations, au motif que «nous dérangeons», soulignera-t-il. S'installant durablement dans une autosatisfaction béate, il ne s'évitera pas le plaisir de dire que «se retrouver dans cette position sur la scène politique nationale ne nous a jamais étonné. Nous savions à chaque fois où nous allions et ce que nous faisions et tous les discours que nous avons tenus en différentes circonstances se sont matérialisés par la suite. L'avenir immédiat et à long terme nous donnant à chaque fois raison». Cette rigueur morale serait, selon l'homme politique, le critère essentiel ayant contribué à l'ancrage populaire du parti, comme en témoignent les résultats des élections locales passées.
Dans cet ordre d'idées, il exigera de ses militants, et notamment les élus, de s'élever à la hauteur de la confiance placée d'une manière particulière par la base et de manière générale par l'ensemble des électeurs. La décennie noire, le terrorisme quasiment neutralisé en Algérie, le rôle des éléments des services de sécurité, les gardes communaux, le redéploiement international du terrorisme et la compétition engagée plus pour son exploitation à des desseins inavoués que son éradication par certains Etats (sont régulièrement cités la France et le Royaume Uni) lesquels, vaille que vaille, armaient les rebelles en Syrie pour certainement les combattre à nouveau une fois le conflit terminé. L'argument consiste ici à dire qu'en réalité ces rebelles ne sont que de potentiels djihadistes qui exporteront leurs exploits ailleurs a posteriori. Pour M. Benyounès, la stabilité du monde viendra lorsque la tragédie palestinienne connaîtra une issue qui passe inéluctablement par le droit de ce peuple à une patrie, et, s'agissant toujours des convulsions qui agitent la planète, il citera le Mali en guerre, le déni vécu par les Sahraouis et l'ambivalente attitude du président français, François Hollande, en visite au Maroc. Les scandales qui agitent le pays (Sonatrach, Khalifa') et de manière globale la corruption et tout ce qui se dit autour, sont, par leur surmédiatisation, amplifiés et parfois dénaturés jusqu'à laisser le sentiment d'une presse qui se substitue à la justice alors même que tous ceux sur qui a été jeté l'anathème ont droit à la présomption d'innocence tant que les juges n'en décideront pas autrement. Quelques thèmes de l'heure sont abordés, à l'image de la consultation d'avril 2014, la révision de la Constitution, la limitation du mandat présidentiel, les récents évènements qui ont ébranlé le sud du pays, la modification du régime institutionnel, le Conseil de la nation. Le secrétaire général du MPA apportera des réponses. Les siennes et elles consistent en «le droit de Bouteflika de se représenter pour une quatrième candidature, car rien, en vertu des dispositions constitutionnelles, ne s'y oppose. Pourquoi limiter le mandat présidentiel si la volonté populaire n'en décide pas autrement' Ce qui s'est passé au sud du pays est légitime, s'agissant notamment des revendications exprimées par la jeunesse de cette région du pays, une réaction légitime qu'elle s'exprime au Sud, au Centre, à l'Ouest ou à l'Est du pays'. quant au régime politique, notre préférence va au système parlementaire français».
M. Benyounès évacuera du revers de la main toute idée de suppression du Conseil de la nation, avec également le maintien impératif du tiers présidentiel qui est le seul à même d'entretenir les équilibres et constituer un garde-fou pour la République.
Concluons enfin qu'au cours de la conférence de presse, Amara Benyounès n'a pas semblé à l'aise, d'où la proposition faite par l'un de ses responsables de la communication de faire de l'instant évoqué une simple rencontre conviviale.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com