Constantine - A la une

Beaucoup de courses aveugles, un zeste de communion et des veillées disparates Ramadhan diurne et nocturne à Constantine



De notre correspondant à ConstantineNasser Hannachi

Une semaine de jeûne. Exceptez la chaleur qui a grimpé sensiblement dans la région de Constantine, le décor est le même avant le f'tour : une légère somnolence caractérise les espaces. L'accalmie est éphémère avant que les lieux de vente ne soient investis, par besoin de s'alimenter évidemment. La mercuriale brûlante maintient sa flamme dans les viandes blanches et autres légumes. Quelques quais comme à l'accoutumée sont exploités par des vendeurs conjoncturels.
Les charbats ont la peau dure en pareille saison au bonheur des jeunes qui assurent la préparation de cette eau fruitée ou plutôt trop acidulée. D'autres mets traditionnels sont proposés aux riverains par des «snacks» reconvertis en spécialistes de la cuisine du terroir constantinoise ou d'ailleurs pourvu que la marmite se vide à quelques minutes avant la rupture du jeûne devant les yeux du consommateur, dévorants. Galette et Khoubz E'ddar (pain maison) se vendent sans peine et ont pu se frayer une bonne place dans les échoppes. Les épiciers les ont introduits dans la chaîne de leurs produits. Ils les commandent directement à la source, auprès des femmes spécialistes. «C'est la même personne qui me livre l'aliment deux fois par jour», nous confie un négociant pignon sur rue.
La galette est cédée à 50 dinars et le pain à 120 dinars. Peu importe le prix, aucune miette ne reste dans les corbeilles bien avant la fin de journée. Dans les rues et boulevards la circulation et la pollution affichent un degré maximum aux horaires de courses et de pointes. Les allers-retours des rames vertes du tramway ont décongestionné une partie de la Cité millénaire, mais les usagers automobiles sont à chaque fois pris dans la tenaille des déviations inopinées tant les travaux aux abords des rails n'ont pas été achevés à 100%.
Le bouchon au niveau de la cité Cilloc vers Filali persiste. Changement de panorama pendant la nuit.
La circulation automobile s'intensifie davantage. Et les espaces publics, cafés, cybers, bas-côtés des rues sont envahis par une marrée humaine. La première tranche apparaît quelques minutes après la rupture du jeûne pour s'amplifier au terme de la prière des Taraouihs. Le climat devient chargé de polluants tant les échappements d'automobiles en nombre déchargent leur fumée toxique plein les boulevards. Les passants s'adonnent au thé plein air vendu à même les quais. «C'est du bon, du vrai. Mes frères et moi le préparons aux quatre chemins près de la nouvelle-ville. Le contenu de la théière est épuisé chaque soir», souriant un gamin éveillé à peine 14 ans originaire du Sud sillonne l'avenue Belouizdad vers 21heures 30mn en venant défier quelques «spécialistes» habitués des lieux.
La soirée ne fait que commencer plutôt, le mois sacré n'a pas bouclé sa décade que les magasins pour enfants sont d'ores et déjà inspectés par des couples en compagnie de leurs enfants. Tenter de dénicher le bon produit avant que les prix vestimentaires ne prennent des marges supérieures. L'animation culturelle pluridisciplinaire, qui devait entrer en action intense cette semaine, colorerait les nuits ramadanesques à Constantine. Le théâtre de verdure, le TRC et le Palais de la culture Malek-Haddad contrasteraient les veillées, mais de l'intérieur de la Cité millénaire. Les cités affichent leur engouement pour les jeux divers où le claquement des dominos appelle des parties «chaudes» couronnées par des brochettes à la dinde ou à la viande commandée sur place, encore est-il question de second menu. Les barbecues allumés à hauteur de minuit et occupés par de jeunes chômeurs ne s'en lasseront jamais jusqu'à l'appel du muezzin. Le tramway a déjà consommé son dernier service vers une heure du matin le long de son itinéraire sombre faute d'énergie électrique, les travaux étant en cours de finalisation. C'est aux autres jours qui s'annoncent, et surtout un autre défi pour la souche démunie de choisir le resto «d'el Iftar» le plus approprié parmi ceux qui ont ouvert leurs espaces pour la bonne cause de ce mois béni.

N. H.
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