
Constantine a réservé un accueil particulier au maître de la chanson marocaine, Abdelwahab Doukkali, jeudi soir à la salle Ahmed Bey.Gardant toute la fraîcheur de sa voix en dépit de ses 75 ans, l'artiste a rappelé sur scène qu'il avait composé en Algérie en 1971 les chansons Hadi hiya n'ti, Kedhab, Ana oua el ghorba et Mersoul el hob. «J'ai composé Mersoul el hob en avril 1971.Et pour célébrer le 45e anniversaire de cette chanson, je vous l'interprète ce soir», a-t-il déclaré, fortement ovationné par le public. Il a repris un autre succès, Kan ya makan (Il était une fois), avant d'interpréter pour la première fois sur scène un titre de son nouvel album, Harbech (débrouille-toi), une chanson légère et rythmée. Abdelwahab Doukkali, qui a commencé sa carrière à la fin des années 1950, a estimé, lors d'une rencontre avec la presse, que la chanson marocaine, et par extension maghrébine, évolue avec son temps, perdant parfois de sa qualité.«Par le passé, les chansons étaient riches de belles paroles et compositions, servies par un goût raffiné des auteurs, des compositeurs et du public. Le monde est plus rapide aujourd'hui. La chanson s'est adaptée à cette situation. Avec les frère Rahabani, j'étais parmi les premiers à plaider pour la nécessité de se mettre à jour, de rénover.Dans les années 1970, j'ai composé des chansons courtes. Il fallait rompre avec l'époque des chansons qcid de plus d'une heure. Notre époque exige cela, mais il est important de choisir de belles paroles et des musiques soignées et de rester attaché à son identité et son authenticité», a-t-il souligné. Il a critiqué l'attitude actuelle des producteurs de musique qui imposent aux artistes le style de leurs chansons.«Ils fabriquent des stars pour en faire un produit commercial. Ils pensent plus à leur profit qu'à la valeur artistique des chansons.Aujourd'hui, il existe beaucoup de chanteurs, mais la plupart passent comme des nuages, une chanson puis s'en vont !», a relevé Abdelwahab Doukkali, rappelant le rôle éducatif et social de la chanson.«Pour réussir, il faut être sincère avec soi-même. Il faut avoir de la passion pour le travail que l'on fait et respecter les règles esthétiques. La réaction du public sera garantie (...). Nos dialectes maghrébins nous rapprochent. La langue n'est pas un handicap. Malheureusement, il n'existe pas beaucoup d'occasions pour les artistes, hommes de lettres ou poètes maghrébins pour se rencontrer», a-t-il soutenu, rappelant avoir un proposé de rassembler des chanteurs, des comédiens et des auteurs arabes dans un spectacle commun, «un spectacle de rapprochement». «Je plaide pour l'éveil arabe, pas le rêve.Jusqu'à quand allons nous rêver ' Il faut se réveiller», a-t-il dit. Il a plaidé pour la protection du patrimoine andalou commun des pays du Maghreb en réponse à une question sur le malouf constantinois. Il a évoqué ses rencontres au Caire, notamment avec Ahmed Fouad Hassan, Abdelhalim Hafez et Warda El Djazaïria.«Il y a une nation arabe. Nous avons des nationalités, mais je souhaite que demain nous ayons un seul passeport arabe et une seule monnaie arabe. Malgré les guerres et les déchirements, l'Europe a pu construire une union. L'Europe est devenue une force aujourd'hui.Si demain l'Algérie me proposait le passeport algérien, je serai honoré de l'avoir. Pourquoi pas ' Il faut qu'on se rapproche», a estimé Abdelwahab Doukkali.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fayçal Métaoui
Source : www.elwatan.com