
Communément appelé «Le Remblai» par les Constantinois, cette partie du quartier de Bardo est le refuge de nombreux vendeurs de brocante, de ferrailleurs et de dinandiers.Réputé pour ses bonnes «vieilles affaires», Le remblai constitue un déversoir pour les citoyens désirant se débarrasser d'un vieil appareil électroménager ou tout autre objet électronique défectueux, devenu indésirable et encombrant. On y vend de tout. Une sorte de marché aux puces, où un bon vieux téléviseur et un écran d'ordinateur peuvent être cédés à 500 DA l'unité.C'est le quartier des articles réformés par excellence ! C'est aussi un véritable cimetière pour déchets électroniques à ciel ouvert. Ses commerçants achètent des articles électroménagers et électroniques vintages (démodés) à des prix dérisoires, les réparent et les refilent à des prix «concurrentiels» à des citoyens aux revenus très modestes.Quand il n'y a plus rien à en tirer, ils récupèrent les pièces encore valables, puis se débarrassent du reste. Lors de notre passage sur les lieux au cours du mois de mars, l'on a remarqué un amoncellement de vieux débris de ferraille et un semblant de carcasses de ce qui fut des réfrigérateurs, téléviseurs et ordinateurs. «On nous appelle "rien à vendre". Nous achetons d'anciens appareils électroniques, comme les téléviseurs, les réfrigérateurs, machines à laver, micro-ordinateurs?, de vieux meubles aussi. Tout ce qui peut être vendu, quoi. Nous réparons et vendons ce qui peut l'être et nous récupérons les pièces non usagées quand l'article n'est plus vendable. Le reste est jeté à la poubelle», nous a confié l'un de ces revendeurs.La ferraille et les restes des appareils électroniques bazardés sont par la suite ramassés par les camions de la municipalité de Constantine et transférés, au même titre que les déchets ménagers, vers la décharge publique.L'improbable triC'est ce que nous a indiqué M. Debba, responsable de la commission chargée de l'environnement à l'APC de Constantine. «D'habitude, on transférait ce type de déchets à la décharge municipale du 13e km (située sur les hauteurs de la RN5 sur la route d'Aïn Smara, ndlr), où l'on procédait à leur enfouissement. Et comme actuellement elle est fermée pour être réaménagée, ils sont stockés dans un coin au niveau d'une carrière située à la nouvelle ville Ali Mendjeli, non loin de l'université Constantine III, en attendant de procéder un jour à leur tri. Ils sont également transférés vers une autre carrière au niveau d'El Djebass, dans la banlieue ouest du chef-lieu.»Mis à part leur stockage, ces déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), chargés de métaux lourds ne subissent aucun tri, ni récupération. Ils sont abandonnés dans des lieux qui n'étaient préalablement pas destinés à accueillir ce genre de déchets.Outre le quartier de Bardo, les vieux équipements électriques et électroniques sont souvent largués dans la nature par des citoyens indélicats, ignorant que leur geste aura des conséquences désastreuses sur l'environnement, se traduisant par de graves pathologies sur la santé des humains, en premier le cancer.L'enfouissement des DEEE ne constitue pas, par ailleurs, la solution la plus indiquée, comme cela est appliqué et «admis» en Algérie, car grâce à cette pratique les substances toxiques contenues dans ces déchets polluent les nappes phréatiques et se retrouvent au fil du temps dans notre alimentation, de l'avis d'experts en environnement.Pour M. Sebih, président de l'association de protection de la nature et l'environnement, «il faudrait notamment arriver à mettre en place des lieux précis pour entreposer les DEEE, en les séparant avant tout des ordures domestiques, puis les trier et récupérer les métaux lourds qu'ils renferment afin qu'ils soient réutilisés.» Pour le moment, cela reste une utopie. Il y a seulement des consommateurs et des réparateurs revendeurs d'équipements électriques et électroniques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lydia Rahmani
Source : www.elwatan.com