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Autoroute Est-Ouest : un projet qui peine à redémarrer



Autoroute Est-Ouest : un projet qui peine à redémarrer
Tunnel Djebel El-Ouahch : l'ouvrage est toujours fermé à la circulation, depuis janvier 2014, et de l'autre côté des barrières, rien n'indique qu'une autre entreprise a repris le chantier et a suppléé les Japonais.Annoncés imminents, y compris sur nos colonnes, en février dernier, les travaux de relance des chantiers du tronçon constantinois de l'autoroute Est-Ouest, à l'arrêt depuis l'éboulement de janvier 2014 dans un tube du tunnel de Djebel El-Ouahch, tardent à redémarrer. Un court remue-ménage constaté sur le site juste après l'annonce médiatique, puis plus rien. Jeudi 1er juin : il est 9h quand nous tentions, pour la énième fois, de joindre par téléphone l'antenne constantinoise de l'ANA (Agence nationale des autoroutes), afin de prendre un rendez-vous ou avoir quelques informations sur le sujet. Comme c'est le cas depuis plus de deux semaines, personne ne décroche. Après plusieurs tentatives, nous décidons de nous présenter au siège de l'antenne, situé dans la nouvelle zone urbaine de Aïn Smara, à l'ouest de Constantine. Avec le chauffeur de Liberté, nous mettons près d'une heure avant d'atteindre notre destination. Malgré l'importance proprement dite de la structure et celle du projet qui lui est confié, ne dit-on pas qu'il s'agit du projet du siècle, aucune indication ne renseigne sur l'emplacement de la villa abritant les locaux de l'ANA-Constantine. Même le recours aux taxis locaux sera infructueux. Il nous a fallu passer par des fournisseurs de l'agence pour arriver à situer les locaux. 10h10 : nous sommes enfin à l'entrée du siège. Après les présentations, on nous priera d'attendre qu'on nous annonce à la direction. Moins de dix minutes après, on s'excusera de ne pas pouvoir nous recevoir en l'absence du directeur en déplacement ce jour-là. 10h30 : Après avoir quitté le siège de l'antenne constantinoise de l'ANA, nous nous engageons sur l'autoroute, à partir de Aïn Smara, pour nous enquérir, de visu, de l'état des lieux, le long du tronçon constantinois qui pose problème, même avant le départ du consortium nippon. Aïn Smara-El Meridj est la première partie du tronçon constantinois qui fut livrée, il y a presque 6 ans. Et les premières fissures commencent à faire leur apparition sur la chaussée, alors que l'ensemble de l'ouvrage n'est toujours pas réceptionné. Il faut avouer que les conditions climatiques, ici, ne sont pas clémentes. 10h45 : tunnel Djebel El-Ouahch. L'ouvrage est toujours fermé à la circulation, depuis janvier 2014, et de l'autre côté des barrières rien n'indique qu'une autre entreprise a repris le chantier et a suppléé les Japonais qui ont quitté les lieux à la suite d'un conflit avec les autorités algériennes sur la faisabilité des études, la qualité des travaux et les engagements financiers. Par contre, trois silhouettes, dont celle d'un chien, apparaissant de loin et sous un soleil tapant au zénith, offrent un tableau d'un paysage désertique. Notre progression à pied vers le tube droit du tunnel sera stoppée par les trois employés affectés au site. Difficile de leur tirer la moindre information, et de la relance des travaux, ils n'en ont jamais entendu parler, selon l'un d'eux. Celui qui apparaît comme le responsable du site, en gandoura blanche immaculée, circonstances ramadhanesques obligent peut- être, tournant le dos au tunnel plongé dans l'obscurité et jonché de débris enterrant des milliards de deniers publics, se fera même un plaisir de nous donner une petite leçon sur le professionnalisme. Nous laissons notre donneur de leçon vaquer à son occupation, les ablutions en attendant la prière du dohr, pour prendre le contournement de ce tunnel, long de 13 km et continuer notre route. D'un ouvrage provisoire, conçu dans l'urgence et ouvert en novembre 2015, en attendant la réouverture du tunnel de Djebel El-Ouahch, cette double voie est en passe de s'imposer comme solution définitive, et les gens anticipent. C'est peut-être dans cette optique qu'un restaurant et une superette ont été ouverts, depuis, à côté de la mosquée Amar-Filali et du cimetière. Mais les intempéries de l'hiver dernier ont endommagé une partie du talus. Il a beaucoup neigé et la route fut coupée plusieurs jours. Faisant fi du jeûne et sous un soleil de plomb avec un mercure annonçant 31°C, des cantonniers sont toujours à l'?uvre pour remettre à niveau le site. À la hauteur de la commune de Didouche-Mourad, des odeurs nauséabondes et des fumées de combustion se dégagent d'une décharge publique sauvage installée en contrebas du tracé de l'autoroute. Ceux qui n'ont pas trouvé mieux pour faire la promotion de ce crime environnemental ont bien réussi leur coup de pub avec cette localisation. Arrivé à la hauteur du tunnel d'El-Kantour, le T4, aux limites territoriales des deux wilayas de Constantine et de Skikda, des balises annoncent des travaux ou plutôt des travaux jamais terminés depuis des années. Ici, un seul tube de l'ouvrage a été ouvert à la circulation. Le second est toujours fermé mais, avec un bémol, en chantier bien qu'il s'éternise. Quelques ouvriers, s'activent à une cadence ramadhanesque. Ici, nous dit-on, la partie génie civil a été terminée depuis longtemps. C'est l'installation des équipements de sécurité et d'aération, entre autres, qui prend du temps. À El-Kantour, limite entre la commune de Zighoud-Youcef (wilaya de Constantine) et celle de Aïn Bouziane (wilaya de Skikda), la sortie de l'autoroute n'est toujours pas livrée.Une solution provisoire a été improvisée par l'ANA afin de rendre moins contraignante la tâche aux usagers. C'est pour rappeler aux usagers que sur le tronçon constantinois de l'autoroute Est-Ouest, ce n'est pas le seul tunnel de Djebel El-Ouahch qui pose problème. Au risque de faire 50 autres kilomètres avant de trouver une sortie, à hauteur de Laghdir, nous faisons demi-tour depuis ce passage pour regagner, à nouveau, Constantine dans moins de 30 minutes au lieu de près de plus de 90 minutes si nous empruntions la RN 3.Mourad KEZZAR
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