En plus de son interminable processus de parachèvement, l'autoroute Est-ouest intrigue aussi par le silence qui est fait autour. En visite ce week-end dans la wilaya d'Annaba, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, s'est montré silencieux à propos du "Projet du siècle".
M. Abdelmalek Sellal qui aurait, dit-on, piqué une colère contre le retard dans l'achèvement des logements sociaux, n'a fait aucune allusion au projet de l'Autoroute Est-ouest, même pas sous forme de boutade, lui le ministre blagueur à l'humour noir. Le ministre des travaux publics, Amar Ghoul, qui était lui aussi de la visite à Annaba, n'en a pas non plus soufflé le moindre mot sur un projet qui le concerne en premier lieu. Le Premier ministre a eu à s'engager d'en finir avec les marchés anarchiques, comme il a appelé à repenser les nouvelles villes, mais n'a pas eu à s'exprimer sur les retards du projet cher au président de la République ni sur les surcoûts qui en découlent. Pendant ce temps, Abdelmadjid Tebboune et Khalida Toumi, respectivement ministres de l'Habitat et de la Culture, ont eu toutes les raisons de diverger sur la place dédiée aux futures infrastructures cultuelles qui seront réalisées dans le sillage de la Nouvelle-ville de Draâ-Errich.
Maintes fois annoncée pour imminente, la date de livraison du « mégaprojet » n'a de cesse d'être décalée. A coups de retards et de réévaluations, le projet de l'Autoroute est-ouest aura marqué les annales du pays. Devant être totalement mise en service courant 2009, l'ouvrage en est encore au stade du parachèvement, avec en prime un retard de 4 ans ! Contrairement à ses parties Ouest et Centre, pris en charge par le groupement chinois Citic-Crcc, la partie Est de l'autoroute, où s'est rendu le premier ministre, connait beaucoup de retard. Ce qui ne semble pas irriter M. Sellal, en tout cas pas plus que les logements sociaux dont la satisfaction constitue à l'évidence un gage de sécurité sociale. Le dernier retard concerne l'ouverture du tube du tunnel n°4 du tronçon Constantine-Skikda initialement prévue pour fin décembre 2012.
Mais dites, où ça cale '
Les autorités algériennes accusent le consortium japonais Cojaal, en charge de cette partie de l'autoroute, d'avoir failli à ses engagements d'acheminer dans les délais contractuels les équipements de sécurité dispositifs anti-incendie, les caméras de surveillance et les équipements d'aération nécessaires à la mise en service dudit ouvrage situé à cheval entre les communes de Zighoud-Youcef (Constantine) et d'Ain Bouziane (Skikda). Outre la partie sécurité, l'infrastructure de base pose aussi problème. Le non achèvement du projet serait dû, à en croire des indiscrétions publiées sur les colonnes du Soir d'Algérie, à l'injection de fibres de verre pour la consolidation des sols et leur renforcement contre les glissements. Le groupement nippon n'aurait pas apprécié la volte-face de l'Agence nationale des autoroutes (ANA) qui aurait proposé un prix au mètre carré inférieur au montant de départ. S'agissant du tronçon situé dans la wilaya d'El Tarf, s'étendant depuis la région des lacs jusqu'aux frontières algéro-tunisiennes, le groupement japonais serait en discussion avec l'ANA en vue de relever le budget alloué au projet, seule garantie pour l'achèvement des travaux, comme l'a indiqué le mois dernier le responsable de la société nippone à l'occasion de la visite de l'ambassadeur japonais à Constantine. Depuis son lancement en grande pompe, en mars 2007 sous les bons offices du chef de l'Etat, le projet de l'Autoroute Est-ouest a retenu l'attention de l'opinion publique tant par son gigantisme (plus de 1.200Kms le long des frontières est et ouest), mais aussi par la somme de scandales de corruption, de retards dans les délais de livraison, sur fond de réévaluations faramineuses.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Younès Djama
Source : www.maghrebemergent.info