Avec le dépôt au début de ce mois de juin 2012 des conclusions des enquêteurs et des deux commissaires aux comptes désignés par la justice, les dossiers de différentes affaires de malversations commises depuis l'avènement de la société ArcelorMittal Annaba en 2001 reviennent au devant de l'actualité nationale.
D'anciens élus des deux chambres ou locaux, des cadres, agents et syndicalistes impliqués directement ou indirectement ont été convoqués pour être entendus par le juge d'instruction près le pôle judiciaire spécialisé en économie de Constantine. Volumineux avec les rapports établis par les enquêteurs, lourds de par les importantes quantités de déchets ferreux détournées et préjudiciables à différentes parties au regard des importantes sommes détournées d'une manière ou d'une autre ainsi que des multiples actes de fraudes fiscales, ces dossiers impliquent également les gérants algériens et indiens de la société indienne Chree Internationale de récupération deferraille. Celle-ci avait été mise en liquidation au lendemain d'un redressement fiscal, ce qui avait valu à l'associé algérien Hassen Fellah une sévère peine de prison. Bien que son président directeur général de nationalité indienne ait été déjà jugé, condamné puis expulsé d'Algérie, le dossier de la société indienne de statut algérien, Gross Smithy Work de traitement des déchets ferreux a été rouvert. Des noms de personnalités et hauts responsables locaux impliqués n'avaient pas été entendus de par leur statut de l'époque. Les 'uvres sociales des travailleurs ArcelorMittal forment une multitude de malversations. Il s'agit de vrais contrats passés pour des opérations fictives de transport des travailleurs et familles de travailleurs censés avoir été pris en charge pour bénéficier de cures thermales ou colonies de vacances. Ces personnalités et responsables locaux auront à répondre de la destination prise par des milliers de téléviseurs et autres équipements électroniques objets de vrais contrats pour des fournitures censées avoir été réalisés au profit des travailleurs. Annuellement et durant 7 années, ces fournitures payés rubis sur ongle par les 'uvres sociales ArcelorMittal n'ont pas bénéficié à ceux auxquels ils étaient prétendument destinés. De par l'implication des mêmes personnalités jouissant de statut privilégié, cet aspect de la gestion des 'uvres sociales avait été éludé par le juge d'instruction près le tribunal correctionnel El-Hadjar en charge de ce dossier. Ce qui n'avait pas empêché la mise sous les verrous puis la condamnation à des peines de prison et fortes amendes de plusieurs syndicalistes membres du comité de participation et du conseil syndical ArcelorMittal. Ces affaires avaient tourné au scandale avec l'implication avérée d'un commissaire aux comptes, et un auxiliaire de justice assermenté. Aujourd'hui, d'autres noms de responsables administratifs, syndicalistes, fournisseurs et gérants de sociétés de sous traitance initialement épargnés par le feu des élections législatives de 2007, seront auditionnés. Ces derniers jours, plusieurs sont déjà passés sur le gril du juge d'instruction du pôle judiciaire économique de Constantine. Selon des sources proches du dossier, il n'y aurait pas que les 'uvres sociales ArcelorMittal à être les seules victimes de ces malversations dont les montants cumulés s'élèveraient à des dizaines de milliards de dinars. Tout aussi victime, le Trésor public via son service du fisc qui, sur la base des documents saisis par les enquêteurs notamment des factures, se prépare à se constituer en partie civile. Mais ce n'est pas tout. L'enquête dévoile aussi que des syndicalistes ont perçu des avantages auxquels ils n'ouvraient pas droit. Au fil de leurs investigations, les magistrats du pôle économique de Constantine sont déterminés à identifier formellement tous ceux qui, dans les coulisses, tiraient les ficelles dans le trafic à grande échelle de la récupération des déchets ferreux. Nos sources précisent qu'intrigués par les multiples casquettes des personnalités et responsables cités, les enquêteurs s'étaient interrogés si les transactions n'avaient pas pour but de renflouer des caisses occultes pour le financement d'autres activités en apparence licite. C'est ici qu'interviennent le transfert de fonds vers un pays européen via la Tunisie et le blanchiment d'argent. Deux dossiers sur lesquels a eu déjà à répondre Hassen Fellah. C'était lors de son audition par le juge d'instruction du tribunal criminel de Annaba et à la barre des accusés où il avait comparu avant d'être condamné à une sévère peine de prison ferme et une forte amende. Malgré les preuves accablantes présentées par le représentant du ministère public, Hassen Fellah n'avait cessé de clamer son innocence. Se positionnant en témoin à charge de par ses relations avec de nombreux syndicalistes du complexe sidérurgique ArcelorMittal El- Hadjar, il a cité des noms d'élus à différents niveaux des deux Chambres et de la centrale syndicale UGTA. C'est dire que l'enquête sur les malversations commises à ArcelorMittal Annaba ne fait que commencer. Elle pourrait déboucher dans les prochains jours à l'interpellation de certains intouchables jusqu'ici. Quelques unes de ces malversations avaient été traitées par différents titres de la presse nationale. Il y a celles qui conduisent à s'interroger sur l'impunité ayant caractérisé, durant des années, leurs auteurs à différents niveaux des institutions de l'Etat. D'autres représentent une véritable atteinte à l'économie nationale commise par des partenaires étrangers avec la complicité de certains chefs d'entreprise et des syndicalistes peu scrupuleux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com