
Une soirée «haute voltige» avant-hier à la salle Ahmed-Bey du Zénith de Constantine. La star, figure emblématique et incontestée du reggae africain, Alpha Blondy, a donné un concert inoubliable dans une salle archicomble, après celui du Palestinien Tamer Abu Ghazaleh.Depuis l'annonce de sa venue au Dimajazz, Alpha Blondy n'a pas arrêté de faire parler de lui sur les réseaux sociaux à travers les habitués de ce rendez-vous incontournable du jazz.Preuve en est, le Zénith de Constantine était archicomble. Avec plus de 3000 spectateurs, les organisateurs du Dimajazz ont réussi haut la main leur pari. «L'armée» d'agents de sécurité plus celle des gendarmes en faction à chaque entrée était de trop. Le défilé incessant des agents de sécurité dans les couloirs et à l'intérieur de la salle de concert a angoissé les amateurs de bonne musique. Certains agents de sécurité, qui n'ont pas leur place dans un édifice culturel et profitant de leur «position», ont eu un comportement inadéquat et inadmissible à l'encontre de certains jeunes et responsables.Le dispositif sécuritaire, censé rassurer les présents et contribuer à leur faciliter le déplacement, n'a fait qu'entraver et perturber l'organisation.Un méga concert inoubliableConnu pour faire réfléchir autant que faire danser, Alpha Blondy, nommé ambassadeur de la paix par l'ONU, ne mâche jamais ses mots en pointant du doigt ce qui l'exaspère. Figure emblématique et star incontestée du reggae africain, Alpha Blondy est bien plus qu'un artiste.Le rasta-philosophe (comme il aime se définir) s'est fait remarquer par sa musique mais aussi par son esprit contestataire et spirituel. De son vrai non Seydou Koné, Alpha Blondy, surnommé le Bob Marley africain, carbure sur scène et possède une énergie combative qui fait de lui un artiste singulier et atypique dans le paysage afro-reggae. A 62 ans, Alpha (le commencement) Blondy (bandit en dialecte) explose depuis les années 1980 à nos jours. Sur Brigadier sabari, Sebe Allah Ye, Jérusalem, Marijuana... le chanteur a chauffé à bloc la salle et le public dont l'écho retentissait comme un tonnerre. Les jeunes venus en masse assister au show d'Alpha Blondy ont en eu pour leur compte. Avec un style propre à lui, Alpha Blondy cultive le mélange du pur reggae imprégné d'ambiances africaines, alternant textes en français, anglais, dioula (langue véhiculaire de l'Afrique de l'Ouest) et autres dialectes locaux. Alpha Blondy ne cesse de tirer la sonnette d'alarme pour la paix.«Il ne faut pas mêler Dieu et Mohamed (QSSSL) à vos actes criminels. L'Islam n'est pas une religion de terroristes. Musulman ne veut pas dire terrorriste. Ne vous laissez pas diviser par les mécréants, soyez les gardiens des uns et des autres», a martelé Alpha Blondy tout au long de son concert, avant que le public ne se lève comme un seul homme et déclame un refrain pour «les martyrs palestiniens».«Les bombes, le financement de la guerre, la tyrannie émanent des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, à savoir, la France, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l'Angleterre, qui sont censés amener la paix dans le monde ; malheureusement, ce sont les cinq plus grands marchands d'armes sur la terre», a clamé haut et fort Alpha Blondy, soutenu par un public des plus engagés. Par ailleurs, lors du point de presse tenu à la suite du concert, Alpha Blondy a témoigné de sa stupéfaction en visitant la ville de Constantine.«Quand j'ai su que je venais en Algérie, je pensais me produire à Alger. Mais Constantine et Oran sont les villes que je tiens absolument à découvrir. Notamment Oran pour la chanson raï que j'aime particulièrement», fera savoir le chanteur. Il soulignera par ailleurs qu'à travers sa station de radio, Alpha Blondy.Fm, il diffuse continuellement des chansons algériennes et universelles, tout en lisant des romans d'auteurs africains. La Palestine au parfum de Tamer Abu GhazalehInterprète aussi talentueux que créateur, enfant spirituel de Frank Zappa et de Kamilya Jubran, Tamer Abu Ghazaleh est l'un des artistes les plus créatifs de sa génération. Sa musique traduit chaque station de sa vie. Passant du jazz au hip hop vers le rock, il affirme avoir un style propre à lui, une musique imprégnée de sa culture, de son identité ainsi que de ses expériences de vie.«J'aime mélanger les musiques, les influences et voir le résultat que cela peu donner», dira Tamer lors du point de presse à l'issue de son concert. D'une famille de poètes, Tamer Abu Ghazaleh puise ses textes de sa famille, de son vécu et de sa plume qu'il aiguise de mieux en mieux. Le public a été ravi de son interprétation et le lui a bien témoigné en l'acclamant du début jusqu'à la fin de son concert.De notre envoyée spéciale
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sara Boualem
Source : www.letempsdz.com