Constantine - Revue de Presse

Ali Mendjeli La mésaventure de l'UV 2



Les sites choisis pour accueillir les nouvelles villes de Massinissa etAli Mendjeli ne devaient en principe poser aucun problème, dès lors que lanature rocheuse du terrain, même si elle nécessitait des travaux ardus deterrassement, n'offrait de prise à aucune mauvaise surprise. Les études de sols engagées avaient donc suivi en ce sens un cours tout àfait normal qui faisait l'économie, par exemple, de la technique d'analyse degéophysique ou gravimétrique pointue, qui du reste exigeait des dépensessupplémentaires.Mais voilà qu'à la nouvelle ville Ali Mendjeli, précisément à l'UV 2,après la réalisation de l'infrastructure et de la plate-forme de bâtiments,selon un planning d'avancement des travaux, les techniciens s'aperçurent de laprésence de cavités d'apparence anodine mais qui mirent la puce à l'oreille desresponsables du chantier. Leur premier geste aura été celui de verser de l'eaudans ces cavités pour mesurer leur profondeur. Mais vite ces nombreuses cavitéss'avérèrent de profondes galeries qui couraient dans le sous-sol. On aurait ditle tonneau des Danaïdes, puisque les quantités d'eau versées n'arrivaient pas àremplir ces cavités. Selon des techniciens, les terrains rocheux sont hétérogèneset recèlent du carbonate qui se situe entre les roches. Quand ce carbonate estdissous par les eaux de pluies, il laisse ainsi des galeries. La sonnetted'alarme est alors tirée et tous les travaux sont immédiatement arrêtés. Le maître d'oeuvre, l'OPGI en l'occurrence, fait appel au laboratoire quia déjà effectué  les premières études,le LNHC Oum El-Bouaghi, spécialisé dans les études de sols, pour entreprendreune nouvelle étude afin de voir la réalité du terrain en profondeur.L'intervention du CRAAG s'avérait nécessaire parce que mieux outillé pour cetype d'étude qui fait appel à des techniques de pointe. On nous fera remarquerque le phénomène en lui-même reste connu des spécialistes et trouve diversessolutions, comme l'injection de béton par exemple, ou encore l'utilisation dela technique des pieux. Une autre solution, nous dit-on, celle qui consiste àutiliser la technique de réalisation de l'infrastructure en radier général.Autrement dit, la construction d'une dalle en béton armé sur uneépaisseur de 10 à 50 centimètres sur toute l'emprise du bâtiment. Le CRAAG feraalors une étude complémentaire qui utilisa la technique de gravimétrie etélabora un rapport de près de 200 pages. Cette étude porta sur un terrain de 1hectare destiné à l'UV 2 qui devait accueillir 13 bâtiments, soit 150logements. L'étude a duré quatre mois et aura coûté pour un hectare la somme dedeux cents millions de centimes.L'OPGI fera également appel au CTC Constantine, auquel il est lié par uneconvention, pour donner ses conclusions et faire des recommandations. Le CTCdevait en effet interpréter les résultats de l'étude complémentaire et proposerune des techniques usitées pour surmonter le problème. Finalement, le CTCConstantine décida de la délocalisation du projet des 150 logements programmésà l'UV 2. La direction de l'urbanisme ainsi que le ministère de l'Habitatfurent alors informés. Après procès-verbal, décision fut prise de réaliser leprojet sur un autre terrain à la nouvelle ville Ali Mendjeli. Ce qui fut faitd'ailleurs.Mais une telle mésaventure ne laissa pas la direction de l'urbanisme dela wilaya de Constantine insensible, puisque des études complémentaires furentlancées pour s'assurer de la constructibilité des terrains environnants. Cetteétude fort coûteuse a été rendue nécessaire par l'épisode de l'UV 2. Uneenveloppe fut dégagée et, selon le directeur de l'urbanisme de la wilaya deConstantine, l'ensemble des terrains qui ont fait l'objet d'étudescomplémentaires restent constructibles et ne présentent aucun danger pour lastabilité des immeubles qui y seront construits.On saura que pareil phénomène a été constaté dans les années 90 à l'UV 6,toujours à la nouvelle ville Ali Mendjeli. Mais les cavités constatées sur leterrain étaient peu profondes et ne présentaient aucun danger pour lesstructures. Bien sûr, l'infrastructure des immeubles a été réalisée en radiergénéral après injection de béton.
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