Photo : Sahel
Par Ali Boukhlef
L'Algérie et la Tunisie entretiennent, depuis au moins les années 1960, des relations qu'on peut aisément qualifier d'exemplaires, à plus d'un titre. Les deux voisins maghrébins, qui ne partagent pas que les frontières, terrestres et maritimes, mais également des prolongements de populations frontalières et une culture commune, tout comme les autres pays du Maghreb, ont également en commun l'essentiel des référents identitaires que sont islamité, arabité et amazighité. Même si cette dernière dimension n'est pas suffisamment prise en compte en Tunisie, malgré l'existence de régions berbérophones dans le centre et le sud du pays. Mais l'Histoire est presque commune aussi loin qu'on remonte dans le temps. L'histoire des deux pays est tellement liée que les Tunisiens disputent le roi numide Massinissa aux Algériens. Quitte à oublier que l'unificateur du Maghreb, dans sa version antique, est enterré à Constantine. Les deux pays, tout comme d'autres contrées maghrébines, se partagent également le destin du grand sociologue et historien Ibn Khaldoun. Né à Tunis, le fondateur de la sociologie moderne a longtemps enseigné à Béjaïa et Tlemcen, entre autres. Autant dire qu'avant d'appartenir à tel ou tel autre pays, l'auteur de la Muqaddima appartient avant tout au génie humain. L'Algérie et la Tunisie partagent aussi l'histoire la plus récente. Les deux pays étaient colonisés (avec un statut de protectorat pour la Tunisie) par la France. Du coup, en plus des trois dimensions culturelles citées plus haut, les deux pays ont également «un butin de guerre» en partage, c'est-à-dire le français. Mieux, les deux peuples ont mêlé leur sang un certain 8 février 1958, lorsque la localité frontalière de Sakiet Sidi-Youcef a été attaquée par l'armée française pour y traquer les combattants du FLN qui trouvaient refuge chez leurs frères Tunisiens. Il est vrai que les chemins des deux pays maghrébins ne se rencontraient pas souvent durant les années qui avaient suivi l'indépendance. L'ancien président Tunisien, Habib Bourguiba, avait même nargué les dirigeants Algériens lorsqu'il avait fait avancer l'idée de créer un Etat unitaire avec la Libye, dirigée à l'époque par un certain' Mouammar Kadhafi.Comme dans toute relation entre Etats, les deux pays ont connu de petits moments de tensions. Comme en 2004, lorsque des supporters Algériens se sont fait tabasser par la police tunisienne au stade de Sfax. Beaucoup y avaient laissé leur vie. Il y a aussi le drame de ces milliers d'Algériens qui vivent sur le territoire tunisien sans que leur situation administrative ne soit réglée. Il y a également un comportement très frileux des autorités algériennes vis-à-vis des anciens opposants au régime de Ben Ali. Sur le plan économique, les relations entre les deux pays ne sont pas au beau fixe. Des chantiers communs, à l'image de la construction d'une usine de ciment blanc à Tébessa, ont abouti. Mais d'autres sont restés lettre morte. Les échanges sont également insignifiants pour des pays qui partagent pratiquement tout.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.latribune-online.com