La droite espagnole fait feu de tout bois. Outre l?attitude à prendre à l?égard de l?ETA, elle semble faire désormais des relations énergétiques avec l?Algérie, un autre thème pour mettre en difficulté les socialistes au pouvoir à Madrid. Le ministre de l?Industrie espagnol, Juan Clos, a « comparu » à deux reprises en quelques semaines devant les parlementaires à la demande de la droite sur l?affaire de l?annulation du contrat de Gassi Touil. Durant sa comparution de mercredi, il a encore défendu la relation globale entre Alger et Madrid et a déclaré que son gouvernement oeuvrait toujours à trouver une solution acceptable pour les deux parties, les entreprises Repsol-Gas Natural et Sonatrach.Le lendemain, jeudi, le journal La Razon, très à droite, s?ingéniait à mettre de la poudre et du feu dans les relations entre Madrid et Alger. Dans un article, dont les sources sont censées être au ministère de l?Industrie, La Razon affirme que l?Espagne se préparait à dénoncer les accords de livraison de gaz si l?Algérie ne renonçait pas à ses demandes de hausse du prix.Le journal affirmait que les « concessions sont finies et que les épées sont tirées » et qu?après avoir autorisé Sonatrach à commercialiser du gaz sur le marché espagnol, le gouvernement espagnol attendait du ministère de l?Energie algérien qu?il fasse des pas pour résoudre le problème de Gassi Touil et celui du prix du gaz. La Razon a annoncé qu?une série de mesures étaient en préparation pour contrer Sonatrach dans le cas où l?Algérie n?effectuait pas le « geste de bonne volonté attendu ». Le gouvernement espagnol trouverait inacceptable la demande algérienne d?augmenter de 18 % le prix du gaz et qu?il aurait recours à l?arbitrage international. La Razon a indiqué également qu?un amendement à la réglementation exigeant la mise en oeuvre du principe de « réciprocité » allait être introduit et pourrait entraîner une remise en cause du permis de commercialiser le gaz accordé à Sonatrach.L?agence de presse espagnole EFE a confirmé que ce projet existait et qu?il introduira « le concept de réciprocité de traitement dans les conditions exigibles pour accorder une licence de commercialisation de gaz en Espagne, ce qui affectera dans le futur l?entreprise algérienne étatique Sonatrach ». Â
«Principe de
réciprocité»Â
Jusqu?à présent, explique EFE, les entreprises qui veulent commercialiser du gaz en Espagne doivent remplir trois conditions : avoir une capacité technique et financière et une troisième relative à l?origine du gaz. A ces conditions, s?ajoutera le principe de réciprocité. « Le changement affectera Sonatrach, entreprise qui a reçu cette année autorisation pour commercialiser du gaz en Espagne ». La licence octroyée à Sonatrach et publiée dans le Bulletin Officiel de l?État (BOE) est « prorogeable et modifiable dans le futur ». Elle peut être révoquée si dans un délai de deux ans, Sonatrach n?en a pas fait un usage effectif et n?a pas vendu du gaz.Hier, le ministère espagnol de l?Industrie a réagi à l?article de La Razon, en démentant l?information selon laquelle il étudiait la possibilité de dénoncer les termes des contrats d?approvisionnement du gaz avec l?Algérie. Dans un communiqué, le ministère de Juan Clos a indiqué que les deux contrats d?approvisionnement de gaz en rapport avec le gazoduc Maghreb, connus sous les noms de Sagane I et Sagane II « continuent à fonctionner normalement » et qu?ils permettent à Gas Natural de s?approvisionner en gaz algérien acquis auprès de Sonatrach. Le ministère de l?Industrie espagnol précise que les différends qui peuvent apparaître concernent les deux compagnies et que, par conséquent, le gouvernement espagnol ne peut entamer des actions légales dans ce domaine.Un démenti gouvernemental d?autant plus rapide que l?article de La Razon semblait prendre sa « source » au ministère de l?Industrie. Mais apparemment, la droite espagnole continuera à faire des différends commerciaux entre Sonatrach et des entreprises espagnoles un motif d?attaques politiques contre le gouvernement de Zapatero. Signe des temps, M Juan Clos, ministre de l?Industrie parle davantage des relations avec l?Algérie que son homologue des Affaires étrangères, Miguel Moratinos.Â
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Saâdoune
Source : www.lequotidien-oran.com