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Abdesslam Chelgham sort ses griffes



Abdesslam Chelgham sort ses griffes
Maquillage. Les chiffres publiés par nos services des douanes concernant nos importations doivent être présentés sans fard. Sans intention d'enjoliver ce qui ne l'est pas. Deux produits stratégiques, le sucre et les céréales, posent problèmes. On a appris, dimanche et lundi derniers, que la facture d'importation de ces deux denrées a baissé au cours des cinq premiers mois de cette année. Cette «bonne» nouvelle cache en réalité une autre qui l'est moins. Il s'agit de la quantité importée de ces mêmes denrées qui, elle, est en hausse. Ce qui veut dire que nos besoins augmentent, mais que nous déboursons moins grâce au recul des prix à l'international. Il suffit que ces cours remontent pour que les quelques économies que nous avons en devises ne suffisent plus. Cette façon de présenter les choses n'est pas la plus appropriée pour contribuer à notre sécurité alimentaire. Elle est contre productive. Que nos besoins augmentent, cela est normal vu la courbe démographique. Mais lorsque la production ne suit pas, malgré toutes les facilités et aides de l'Etat, il faut trouver la faille. Avant la catastrophe. A Constantine où il était en visite, lundi dernier, notre ministre de l'Agriculture, Abdeslam Chelgham, a laissé échapper sa colère. Il considère inconcevable que sur les «70 000 ha destinés à la céréaliculture dans cette wilaya, 35% sont laissés en jachère». Il a décidé de sévir car, a-t-il rappelé, «personne n'a le droit de jouer du devenir de la sécurité alimentaire du pays». Anomalies inadmissibles, en effet. Aussi inadmissibles que la suppression inexpliquée de la culture de la betterave sucrière qui existait dans notre pays jusqu'au début des années 1980 et qui alimentait les quelques raffineries dont celle de Sfisef. Le problème a été maintes fois soulevé sans résultat. Il ne fait plus de doute que des blocages existent. D'ailleurs, la disparition de la betterave algérienne avait précédé de deux années seulement la crise du pétrole de 1986. C'est en s'endettant que l'Algérie a dû importer le sucre blanc. Jusqu'au jour où la dette a joué tout son rôle dans le chaos que nous avons vécu toute une décennie durant. Pour de telles denrées stratégiques, le gouvernement devrait avoir la main lourde contre tout ce qui peut mettre en péril l'approvisionnement du marché national. Le peu de réactions enregistrées suite à la publication de ces chiffres par la douane, laissent perplexe. Parmi les mesures, la priorité devrait être accordée à la prévention. Pour ne plus subir le fait accompli et réagir dans la précipitation. Comment' Par une structure de veille qui pourrait prendre la forme d'un observatoire dédié aux denrées de première nécessité. Il est impossible de continuer à «compter les coups» alors que nous disposons d'immenses potentialités. Et que l'Etat y a mis toutes les facilitations et beaucoup d'argent!
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