Toute l'Algérie n'a pas été épargnée, ces derniers jours, par des coupures d'électricité récurrentes, provoquant une colère légitime des populations touchées, que ce soit à Alger, Constantine ou ailleurs, dans les plus petites bourgades. Les coupures ont eu des conséquences terribles pour beaucoup d'entreprises économiques.
Le pouvoir, autiste, qui a cru s'acheter la paix sociale en procédant à des augmentations de salaires tous azimuts, parce que incapable de créer des richesses et du travail pour les Algériens alors que le pays croule sous les millions de dollars, n'a à aucun moment pensé qu'un jour ou l'autre, une simple canicule mettrait à nu son incompétence et son absence de vision, même à court terme. Ce pouvoir usurpateur, qui n'a jamais eu à c'ur la défense des intérêts des citoyens et encore moins leur confort, risque de payer cher le mépris et le peu de considération qu'il accorde à l'avenir de l'Algérie, occupé surtout à gérer les corruptions et la rapine dans un pays où la justice a été totalement ligotée, si elle n'a pas été mise aux ordres.
Dans cette crise de l'électricité, il ne faut pas jeter la pierre à Sonelgaz, une entreprise stratégique qui a fait ses preuves dans les périodes les plus difficiles. Il ne faut pas oublier qu'au lendemain de l'indépendance, ce sont des Algériens qui ont pris en charge la gestion de l'électricité après le départ précipité des techniciens pieds-noirs. Et ils ont réussi à merveille. Ce sont ces mêmes Algériens qui, dans les années 1960, ont introduit le gaz de ville dans toutes les cités du pays, sans le concours d'un quelconque coopérant étranger. Un exploit dont on se demande si l'on est en mesure de le rééditer aujourd'hui.
L'ambitieuse Sonelgaz s'est mise à réfléchir, dans les années 1990, sur la possibilité de produire de l'électricité à partir du gaz naturel afin de l'exporter en Europe, ce qui aurait apporté une valeur ajoutée incontestable. Ce qui est sûr, c'est qu'elle avait un plan d'investissement pour augmenter de façon sensible la production d'électricité, ce qui nous aurait évité les déboires que l'on connaît aujourd'hui. Mais elle a été cassée dans son élan. En effet, Abdelaziz Bouteflika avait ramené avec lui, après son intronisation, un ami qui travaillait à la Banque mondiale pour le mettre à la tête du ministère de l'Energie. La catastrophe était programmée, l'homme, outre son poste de ministre, devient président du conseil d'administration de Sonatrach et PDG de la même société.
Un cumul de fonctions unique en son genre qui a fermé tout contrôle sur notre énergie et sur l'argent qu'elle génère. Premier crime économique : Chakib Khelil ordonne à Sonelgaz d'arrêter ses investissements parce que, prétendait-il, des sociétés étrangères vont investir dans le secteur. On n'a jamais vu le bout du nez de ces investisseurs, mais sa politique a entraîné l'Algérie dans le premier déficit énergétique que l'on connaît aujourd'hui. Sous le règne de Chakib Khelil, la société pétrolière a été gangrenée par la corruption. Elle aurait disparu et l'Algérie aurait sombré avec s'il n'y avait pas eu un sursaut salvateur qui a arrêté les dégâts à temps. Malheureusement, Chakib Khelil, après avoir contribué à la ruine de l'Algérie, se la coule douce impunément aux Etats-Unis. Et le peuple algérien est en train de payer pour sa politique aventureuse et celle de ses protecteurs.C'est pour cela que l'ouverture du dossier sur les responsabilités de tout un chacun s'impose.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tayeb Belghiche
Source : www.elwatan.com