Photo : A. Lemili
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Quatre agents de la protection civile, accompagnés solidairement par un officier, se sont mis en grève de la faim depuis mardi passé. Leur action a été entamée au sein de la cour du siège social même, et a pour motif «leur révocation arbitraire » nous dira Kamel l'officier s'exprimant en leur nom. La raison de leur révocation serait liée, toujours selon notre interlocuteur, à la tentative d'organisation d'une assemblée générale visant à installer une section syndicale.En raison de l'absence de toute personne en mesure de nous livrer la version de l'administration ponctuellement, nous serons contactés ultérieurement par téléphone par le lieutenant Tafer, officier chargé de la communication lequel, bien entendu, évacuera d'un revers de la main la régularité de la protestation de ses collègues en affirmant : «Ces cinq individus (sic) sont en marge de la réglementation pour plusieurs raisons : D'abord, les quatre agents ne sont pas révoqués mais suspendus pour faute grave. Il est vrai qu'il y a proposition de révocation sollicitée par la commission paritaire mais la décision appartient à la direction générale qui dispose actuellement de leur dossier. Cela étant, ils sont en droit d'introduire un recours'ce qu'ils n'ont pas fait par ailleurs. Quant à la création d'une section syndicale, il est de notoriété publique que la protection civile en tant qu'institution particulière au même titre que le reste des corps constitués ne peut être dotée d'organe de représentation professionnelle tel qu'un syndicat. La loi 90-02 est, on ne peut plus claire.» Une affirmation vraie et fausse effectivement. Vraie dans la mesure où le texte législatif évoqué la confirme. Faux parce que depuis plus d'une quinzaine d'années une brèche s'est ouverte, par on ne sait quel phénomène, et des directions et unités à travers le territoire national disposent d'un syndicat (UGTA). Sinon comment expliquer la correspondance adressée par le SW UGTA de Constantine au directeur de la protection civile lui sollicitant la tenue d'une assemblée générale et surtout sa régularité 'Cela étant, le responsable de la communication s'étonne de «..la concomitance de la protestation avec les intempéries qui marquent la région. Au moment où la quasi-totalité des hommes se trouve sur tous les fronts à lutter contre les agressions naturelles que nul ne peut ignorer, ces agents décident d'engager une action qu'ils veulent spectaculaire en ameutant les médias.» Comment alors expliquer la présence de quatre sapeurs pompiers suspendus au sein du siège même et, qui plus est, revêtus pour trois d'entre eux de la tenue officielle '
Le lieutenant Tafer ne nous donnera pas de réponse à ce sujet parce qu'il ne semblait pas en avoir. Or, la force de la loi appartient à l'administration et il aurait tout bonnement fallu que celle-ci fasse son travail pour ne pas autoriser ce sit-in particulier sur les lieux de
travail d'autant plus qu'il est le fait d'un personnel réputé suspendu. En fait, il paraît plus probable que ladite administration ait, quelque part, compris ou décelé un impair réglementaire dans les procédures. Son porte-parole s'évertuant simplement à'éteindre le feu en attendant que la direction générale prenne une décision.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com